Les ambitions des Brics sont freinées par leurs dissensions
La création d’une banque commune de développement et d’un fonds de réserves donne lieu à des luttes de pouvoir sur la répartition des rôles
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Patrick Aussannaire
Le monde émergent bute sur son manque d’unité. Après avoir accueilli la Coupe du monde de football, le Brésil est le théâtre de la sixième réunion annuelle des représentants des «Brics». Le but de cette rencontre est d’officialiser la création d’une banque commune de développement qui doit être dotée d’un montant initial de 50 milliards de dollars de fonds apportés à parité par chacun des cinq pays ((Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et destiné à financer de grands projets d’infrastructures.
En outre, les cinq partenaires doivent également s’entendre sur la mise en place d’un fonds de réserve de changes, doté de 100 milliards de dollars et destiné à garantir la stabilité des pays émergents en cas de crise.
Si Yves Zlotowski, économiste en chef chez Coface, explique que «ces pays cherchent à créer un système alternatif aux institutions dominées par les nations occidentales, FMI et Banque mondiale», les négociations butaient encore hier sur les rapports de force entre pays dans la détermination de la gouvernance des nouvelles institutions. La Chine souhaite ainsi profiter du poids de son économie et de la force de sa croissance pour mettre la main sur les principaux leviers de commande.
Shanghaï et New Delhi sont certes les villes le plus souvent évoquées comme localisation de la banque de développement. Pourtant, la presse chinoise indiquait hier qu’Hong Kong «présente des avantages en matière d’ouverture des marchés financiers, de gestion des actifs, de système bancaire, de système judiciaire et de système de contrôle financier, en plus de garantir l’abondance et la transparence de l’information».
En outre, le journal «China.org» estime que «compte tenu de la conjoncture économique et commerciale du pays, ainsi que de sa capacité à faire face aux risques, la Chine est sans doute mieux disposée que les autres pays des Brics pour assurer» la première présidence. Le journal cite ainsi Chen Yuan, ancien directeur du conseil d’administration de la China Developement Bank, comme le candidat naturel pour assurer le rôle de premier président.
Concernant le fonds de réserve, la Chine, qui participera à hauteur de 41 milliards de dollars (soit 41%) à son financement, contre 18 milliards pour le Brésil, l’Inde et la Russie et 5 milliards pour l’Afrique du Sud, souhaite que la répartition des rôles se fasse au prorata des contributions respectives de chaque pays.
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