Les agences d’évaluation des prix du pétrole veulent s’autoréguler
Les agences d’évaluation des prix du pétrole sont en train d’adopter une charte de bonne conduite. Une façon de couper l’herbe sous le pied des régulateurs internationaux. Pour ces derniers, ces quelques institutions font la pluie et le beau temps sur un marché déterminant pour l’économie mondiale alors que leurs méthodes de détermination des prix semblent fragiles et qu’elles peuvent être au cœur de conflits d’intérêts.
Platts (filiale de McGraw-Hill), Argus Media et ICIS ont d’ores et déjà soumis à commentaires un code de publication des prix d’une dizaine de pages, la semaine dernière. Les acteurs du marché de la publication des prix sont invités à le signer et à certifier chaque année qu’ils le respectent bien. Le code vise notamment à prévenir les conflits d’intérêts. Ses signataires s’engageraient à assurer une séparation stricte entre leurs services de détermination des prix et leurs autres activités. Les agences devraient aussi publier l’identité de ceux qui détiennent plus de 20% de leur capital ou de leurs droits de vote, ou qui ont été la source de plus de 10% de leur revenu annuel.
Les agences qui adopteraient la charte devraient consulter les acteurs du marché en cas de modification de leurs formules de calcul des prix. Elles s’engageraient à publier gratuitement sur internet leur méthode. Elles préciseraient également la façon dont elles choisissent les professionnels qui les aident à déterminer le cours du baril et promettraient de ne pas favoriser leurs meilleurs clients.
Les méthodes utilisées par les agences sont au cœur des interrogations de l’Organisation internationale des commissions de valeur (OICV), qui a été priée par le G20 d’approfondir ce sujet. Dans une consultation publiée en mars, elle s’inquiétait que le nombre de transactions fournies aux agences pour évaluer les prix soit parfois inférieur à cinq. Pour mieux encadrer les agences, l’organisation suggérait soit d’encourager l’autorégulation, soit de les placer sous l’autorité des superviseurs des marchés physiques ou financiers. Les intéressées n’ont pas attendu pour choisir leur option. Dans sa réponse à l’OICV, Argus Media se présente comme une «entreprise journalistique», protégée de toute intervention gouvernementale. «Notre position est que la régulation des agences de détermination des prix est injustifiée en principe et en pratique», assure-t-elle.
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