Les actionnaires d’UBS sans doute contraints d’accepter l’arrivée de GIC
Ils pourraient proposer une deuxième augmentation du capital lors de l’assemblée ordinaire d’avril pour profiter de la décote importante du titre
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Annelot Huijgen
Ce matin, à 10 heures à Bâle, débute ce qui sera sans doute l’une des assemblées générales les plus houleuses de l’histoire d’UBS. Les journaux locaux évoquent un quadruplement du nombre d’actionnaires qui font habituellement le déplacement, jusqu’à 10.000 personnes. De fait les dépréciations d’actifs de plus de 21 milliards de francs suisses annoncées par UBS et la perte de 4,4 milliards subie en 2007 motivent les porteurs à s’exprimer sur l’augmentation de capital de 13 milliards de francs dont leur banque a besoin.
La majeure partie de cette somme, 11 milliards, devra être financée par l’achat d’obligations convertibles en actions par le fonds souverain Government of Singapore Investment Corporation (GIC) - qui détiendrait à terme 9 % -, tandis que les 2 milliards restants devront être apportés par un mystérieux investisseur moyen-oriental (1,5 %). Or, cette solution laisse de côté les actionnaires existants, qui devront, de plus, renoncer à tout droit préférentiel de souscription. UBS juge toutefois qu’une augmentation ordinaire du capital aurait été à la fois trop lente et trop dangereuse.
Selon l’hebdomadaire Sonntag, la fondation de prévoyance suisse Profond - propriétaire d’environ 44 milliards de francs suisses d’actions UBS - demandera certainement, lors de l’assemblée générale ordinaire du 23 avril, l’organisation d’une deuxième augmentation de capital ouverte à tous d’environ 10 milliards de francs : « L’importance de cette possibilité d’investissement réside dans l’écartement de la diminution de valeur estimée dû à la dilution de la substance et du bénéfice. Profond, en défendant les intérêts de ses assurés, ne veut pas accepter de tels désavantages financiers (5 millions de francs suisses pour Profond) sans s’y opposer », explique la fondation sur son site.
Cette demande est appuyée notamment par Ethos, représentant les intérêts de 80 investisseurs institutionnels, qui propose de son côté de faire voter les actionnaires sur sa demande de « contrôle spécial » sur les opérations liées au marché immobilier américain. « Un tel examen n’a jamais été exigé d’une société cotée en Suisse... excepté Swissair », remarque la Tribunede Genève. Le troisième et dernier point de l’agenda devrait être le plus consensuel : les actionnaires devraient approuver le remplacement d’un dividende en numéraire par un dividende en actions.
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