Les actifs toxiques d’AIG suscitent l’intérêt des investisseurs
La Réserve fédérale de New York a cédé un portefeuille de 6,2 milliards de dollars de titres hypothécaires à Goldman Sachs
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Solenn Poullennec
La Réserve fédérale de New York est parvenue mercredi à vendre un portefeuille de titres hypothécaires, d’une valeur faciale de 6,2 milliards de dollars à Goldman Sachs. L’opération marque le désengagement progressif de la Fed, qui assumait la liquidité de ce portefeuille, baptisé Maiden Lane II, depuis le sauvetage d’AIG. Elle souligne également l’appétit croissant des investisseurs pour ce type d’actifs risqués, un temps délaissés en raison de leur caractère «toxique».
C’est Credit Suisse qui a précipité l’opération en manifestant son intérêt pour les actifs de Maiden Lane II, La Réserve fédérale de New York a souhaité lancer un appel d’offre auquel Barclays, Credit Suisse, Morgan Stanley et RBS ont aussi participé. Ce n’est qu’après avoir estimé que l’offre de Goldman était suffisamment avantageuse «pour le public», que la banque centrale a accepté de céder ces actifs. Les détails de l’opération seront publiés le 16 avril.
«Je suis content de l’intérêt soutenu dans ces actifs et particulièrement satisfait que le prêt octroyé par la Fed de New York soit remboursé grâce à la vente d’aujourd’hui», a réagi William C. Dudley, le président de l’institution. En novembre 2008, la Fed avait créé le véhicule d’investissement Maiden Lane II pour soutenir AIG et accordé un prêt de 19,5 milliards de dollars à celui-ci. La Fed détient deux autres portefeuilles dits Maiden Lane.
L’opération témoigne de l’intérêt croissant des investisseurs pour ces titres longtemps vus comme toxiques. Les rendements qu’ils proposent sont d’autant plus intéressants que la Fed a annoncé qu’elle garderait ses taux bas jusqu’en 2014. En janvier déjà, Credit Suisse lui avait acheté un portefeuille de MBS (mortage-backed securities) d’une valeur faciale de 7 milliards de dollars. A la fin du mois, la banque helvétique assurait qu’elle avait déjà cédé une bonne partie de ces titres à d’autres banques, des assureurs, des hedge funds et des trusts immobiliers.
Cet intérêt contraste avec la réaction des investisseurs l’année dernière. Entre avril et juin dernier, la Fed avait organisé des enchères régulières pour vendre des actifs du même portefeuille à l’unité et non pas par blocs comme cette année. D’abord intéressés, les investisseurs avaient fait valoir que ces opérations tiraient les prix à la baisse. Elles avaient donc été stoppées.
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