Les acteurs américains de la gestion d’actifs sont mieux placés que leurs homologues européens
L’étude annuelle du Boston Consulting Group sur la gestion d’actifs publiée hier dresse le portrait d’«une industrie en transition». Fin 2011, la valeur globale des actifs gérés par les professionnels a stagné à 58.300 milliards de dollars, ne réussissant pas à revenir au niveau atteint en 2007, de 58.800 milliards. Entre 2002 et 2007, les actifs gérés s’étaient envolés de près de 73%.
Une stagnation qui s’explique certes par un «effet marché» mais également par une collecte nette en chute libre depuis 2007, en hausse de seulement 0,1% sur les quatre dernières années, contre une progression moyenne de 4,4% entre 2004 et 2007. Dans le même temps, les actifs détenus par les assureurs, fonds de pension et ménages, qui pèsent plus de 90% du marché, ont crû de 2%, ce qui traduit une érosion des parts de marché du secteur.
La gestion d’actifs est confrontée à un monde à deux vitesses. D’un côté, les actifs sous gestion dans les pays développés ont décru de 1% par an depuis 2007 ; de l’autre, de 7% dans les pays émergents. L’Amérique latine a notamment vu ses actifs progresser de 12% en 2011 pour atteindre 1.500 milliards de dollars, et l’Asie (hors Japon et Australie) de 5% à 3.200 milliards, mais avec des croissances de plus de 8% en Chine, Indonésie et Malaisie. Les actifs restent stables en Europe de l’Ouest, à 17.400 milliards avec une «forte décrue» en France, ainsi qu’aux Etats-Unis à 27.700 milliards, sous les 28.800 milliards atteints en 2007.
Cependant, le fossé se creuse entre les différents acteurs du secteur, au profit des sociétés américaines. Celles-ci offrent des produits plus spécialisés correspondant aux attentes des investisseurs qui souhaitent diversifier leurs portefeuilles avec des produits de niche ou des stratégies alternatives (crédit, pays émergents, infrastructures, portefeuille de prêts bancaires,…), selon Hélène Donnadieu, directrice de projet spécialisée dans la gestion d’actifs et co-rédactrice de l’étude. Dans le même temps, les acteurs européens souffrent de leur offre en stratégies traditionnelles (taux, actions) délaissées par les investisseurs.
Conséquence : le résultat opérationnel dans le monde progresse de 7%, alors que celui de l’Europe baisse de 1%, à 75% de son niveau d’avant la crise. En outre, cinq sociétés américaines figurent en tête du classement des groupes ayant attiré le plus de fonds en 2011 en Europe, et aucune société européenne.
Plus d'articles du même thème
-
Forvis Mazars teste les stablecoins dans la gestion de sa trésorerie
Outre une optimisation de la gestion de trésorerie, postulat de départ du projet, l’idée était également d’évaluer la maturité du cadre réglementaire, les contraintes opérationnelles et la complexité d'intégration. -
La MACSF tire partie du goût pour l'épargne de ses sociétaires
L’assureur mutualiste qui se développe auprès des professions de santé a vu son chiffre d’affaires progresser de 12,6% à 3,4 milliards d’euros, porté par l’assurance vie. Le résultat net recule sous le poids de la surtaxe d’IS. -
Le pétrole tombe sous 90 dollars après des annonces iraniennes
Le cours de l’or noir a subitement plongé de plus de 6% vendredi après-midi après que des responsables iraniens ont annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz. Les marchés actions en profitent largement. -
Après Ormuz, le détroit de Malacca s’impose comme un passage encore plus stratégique
L’accord de défense entre les Etats-Unis et l’Indonésie, annoncé au moment où Donald Trump imposait son blocus à Ormuz, a renforcé les craintes de tensions géopolitiques en Asie, autour du détroit de Malacca entre la mer de Chine et l'océan Indien. -
Le relèvement des seuils de notification des concentrations satisfait la place
Cette demande de l’Autorité de la concurrence a été intégrée au projet de loi de simplification de la vie économique, qui vient d’être adopté par le Parlement. -
Bpifrance choisit la Société Générale pour se renforcer dans les stablecoins
La filiale de la Caisse des dépôts et consignations va utiliser le stablecoin de SG Forge pour certaines opérations pour compte propre.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat