Les achats d’emprunts d’Etat par les banques italiennes et espagnoles vont ralentir
La nationalisation des dettes souveraines italiennes et espagnoles a continué en mars, d’après les statistiques publiées le 30 avril par la Banque centrale européenne. Les banques italiennes ont acquis en mars 22,3 milliards d’euros d’emprunts d’Etat et les établissements espagnols 17,7 milliards. La BCE ne précise pas s’il s’agit de dette souveraine domestique, mais elle l’est probablement en majorité.
Depuis la première injection de liquidités à trois ans (LTRO) de la BCE en décembre 2011, les achats d’emprunts d’Etat par les banques sont montés en flèche dans les deux pays. Ils ont bondi de 30% en Italie et de 48% en Espagne en quatre mois, à 329,9 milliards d’euros et 263,3 milliards respectivement.
L’intervention croissante des banques domestiques a permis de compenser la fuite des investisseurs étrangers. Les statistiques publiées par la Banque d’Espagne la semaine dernière montrent que les non-résidents ont réduit de 9% leur détention d’emprunts d’Etat en mars.
Les économistes s’interrogent à présent sur la longévité de l’appétit des banques italiennes et espagnoles. Elles ont jusqu’ici largement puisé dans les ressources empruntées auprès de la BCE à l’occasion des deux LTRO de décembre 2011 et février 2012. Les secteurs bancaires italien et espagnol ont respectivement emprunté 165 milliards d’euros et 202 milliards en net sur ces deux opérations d’après les estimations des stratégistes de RBS. Les achats de dette souveraine par les banques italiennes et espagnoles entre décembre et février auraient donc représenté 46,4% et 42,3% des sommes qu’elles ont empruntées en net aux deux LTRO, d’après RBS.
En faisant l’hypothèse que la moitié des sommes empruntées sont destinées aux achats de dette souveraine, il resterait aux banques italiennes et espagnoles 6 milliards d’euros et 16 milliards respectivement à investir dans ces titres. La puissance de feu des banques domestiques est donc à présent «limitée», prévient Harvinder Sian, stratégiste taux européens chez RBS. Il cite comme arguments la «faible demande» sur les dernières adjudications à court terme et les déclarations de Santander et BBVA selon lesquelles elles n’augmenteront pas leurs achats de dette souveraine.
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