L’Erafp va gagner en souplesse d’investissement
Le fonds de pension qui gère la retraite complémentaire des fonctionnaires français va avoir plus de marges de manœuvre pour investir, notamment en actions. Le gouvernement a annoncé hier, à l’occasion de la deuxième réunion du Comité de Place de Paris 2020, que les textes réformant les règles d’investissement de l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp) seront publiés d’ici à la fin du mois.
La réforme est censée permettre de «mieux mobiliser l’épargne des français au service du financement de l’économie», selon le ministre des finances et des comptes publics, Michel Sapin. Il a souligné que l’Erafp devrait pouvoir réaliser quelque 5 milliards d’euros d’investissements supplémentaires en actions d’ici à 2020.
Le fonds pourra investir jusqu’à 40% de ses actifs en actions (dont 3% dans des actions non cotées) après la réforme alors qu’il est limité aujourd’hui à 25% d’actions cotées. L’établissement, qui gérait plus de 15 milliards d’euros fin 2013, est obligé de consacrer au moins 65% de ses placements aux obligations et peut aussi investir jusqu’à 10% dans l’immobilier. En 2014, il ne consacrait que 2% à l’immobilier contre plus de 70% aux obligations.
«Pour un investisseur de très long terme qui n’a pas de contrainte de liquidité, il est beaucoup plus censé d’investir dans de l’immobilier, dans de l’infrastructure, dans des actions, que d’aller acheter des obligations souveraines qui ne payent presque plus rien», souligne Philippe Desfossés, le directeur de l’Erafp. Celui-ci se félicite de la réforme même s’il juge qu’«on aurait pu sans doute aller plus loin». Vieux de seulement dix ans, le régime est en pleine montée en charge et disposera en moyenne de 2 milliards d’euros par an à investir au cours des dix prochaines années.
Le gouvernement devrait aussi permettre à l’Erafp d’investir en direct dans des fonds ouverts. Même si cette possibilité ne serait laissée que pour 3% de l’actif, elle était attendue par le fonds de pension. Il est aujourd’hui obligé de lancer des appels d’offres pour attribuer des mandats de gestion, ce qui peut prendre un an. «C’est extrêmement contraignant, et pas franchement adapté pour l’activité de gestion d’actifs», souligne Philippe Desfossés.
L’Erafp devrait enfin pouvoir investir dans des créances non cotées dans la limite de 3% des actifs. Le gouvernement devrait aussi introduire un plafond de 30% pour les investissements en actions en dehors de l’UE.
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