L'équation budgétaire britannique s’annonce plus compliquée que prévu
Le plan d’austérité lancé par le gouvernement de David Cameron afin de redresser les finances publiques peine à convaincre de son efficacité. Le gouvernement britannique a ainsi emprunté en juillet près de 0,6 milliard de livres alors qu’il avait dégagé un excédent de 2,8 milliards une année plus tôt. Les analystes, qui avaient évoqué un excédent à hauteur de 2,2 milliards de livres pour le mois dernier, ont été d’autant plus surpris que juillet est traditionnellement favorable aux recettes fiscales en provenance des particuliers comme des entreprises.
Or, ces recettes, en retrait de 0,8% sur une année, ont été affectées par une réduction des ressources tirées de l’impôt sur les sociétés à hauteur de près de 20%, soit 1,7 milliard de livres. Les revenus des sociétés pétrolières, plombés par la fermeture du champ de gaz d’Elgin en mer du Nord, expliquent à eux seuls une détérioration à hauteur de 1 milliard de livres des recettes, selon l’office national de la statistique (ONS).
Depuis le début de l’année fiscale, les recettes ont augmenté de seulement 1,1%, loin des 3,9% pronostiqués par le Bureau pour la responsabilité budgétaire (OBR) pour l’ensemble de l’exercice 2012-2013. D’autant que les dépenses publiques ont progressé en juillet à hauteur de 5,1%, soit largement au-dessus des prévisions de 3% fixées par le bureau pour la responsabilité budgétaire pour l’ensemble de l’année. Au total, l’emprunt net du secteur public britannique - hors secteur financier et charge exceptionnelle liée au transfert d’actifs des régimes de retraite de la Royal Mail au secteur public l’année dernière - s'élève depuis le début de l’année à 47,2 milliards de livres, soit une hausse de 11,6 milliards par rapport à 2011.
Pour beaucoup d’économistes, ces mauvais chiffres laissent supposer que les emprunts pour 2012 et 2013 devraient dépasser les prévisions du Bureau pour la responsabilité budgétaire à hauteur de 30 à 35 milliards de livres. L’OBR avait prévu de ramener les emprunts à 120 milliards de livres pour l’exercice en cours. Si beaucoup s’accordent à penser que le durcissement du déficit reflète la faiblesse de l’économie britannique, la marge de manœuvre du gouvernement n’en reste pas moins limitée. Le traditionnel discours d’automne prononcé par le chancelier de l’Echiquier en novembre pourrait ainsi donner lieu à un relèvement des pronostics d’emprunts publics pour l’année fiscale en cours.
Plus d'articles du même thème
-
La France conserve dans la douleur le leadership de l’attractivité en Europe
Bien qu'en tête du classement, la France accuse une perte de 17 % du nombre de projets d'investissements directs étrangers accueillis en 2025, contre un recul de 7 % en Europe. -
Ubisoft s'attend à une nouvelle année difficile
L'entreprise de jeux vidéos a annoncé des prévisions en baisse en attendant des sorties de jeux plus importantes lors de son année 2027-2028. -
Le marché de l’immobilier de bureaux piétine toujours
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à part dans le quartier de La Défense où elles semblent repartir. Le marché européen suit à peu près les mêmes tendances. -
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux. -
Les fonctions risques et assurances parlent encore trop peu la même langue
Une étude de Kyu et de l’Amrae met en lumière une juxtaposition des fonctions et non une coopération. -
Commerzbank met en scène sa riposte à UniCredit, qui poursuit ses achats
Lors de son assemblée générale, la banque allemande a clamé haut et fort son opposition au projet de rachat par sa concurrente italienne. De son côté, UniCredit continue à acheter des produits dérivés, à défaut de convaincre les actionnaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF RévélationOpération vérité sur les retraites des fonctionnaires
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, veut bouleverser la présentation des comptes de l'Etat pour mieux faire apparaître le vrai coût financier de la retraite des fonctionnaires. Voici comment -
MéfiancePourquoi le deal commercial entre les Européens et Trump demeure fragile
La procédure avance du côté européen mais des embardées ne sont pas exclues, loin de là -
PortraitRetraites : Jean-Pascal Beaufret, le choix de la plume face à « un déni de réalité »
L’ancien inspecteur des Finances alerte depuis 2022 sur le manque de transparence des comptes publics. Rare voix à s’élever sur le sujet, sa thèse suscite la curiosité de la classe politique.