L'équation budgétaire britannique s’annonce plus compliquée que prévu

Les emprunts devraient dépasser cette année de plus de 30 milliards de livres les pronostics réalisés par le Bureau pour la responsabilité budgétaire
Stéphanie Salti, à Londres
Le plan de David Cameron peine à convaincre. Photo: Bloomberg News
Le plan de David Cameron peine à convaincre. Photo: Bloomberg News  - 

Le plan d’austérité lancé par le gouvernement de David Cameron afin de redresser les finances publiques peine à convaincre de son efficacité. Le gouvernement britannique a ainsi emprunté en juillet près de 0,6 milliard de livres alors qu’il avait dégagé un excédent de 2,8 milliards une année plus tôt. Les analystes, qui avaient évoqué un excédent à hauteur de 2,2 milliards de livres pour le mois dernier, ont été d’autant plus surpris que juillet est traditionnellement favorable aux recettes fiscales en provenance des particuliers comme des entreprises.

Or, ces recettes, en retrait de 0,8% sur une année, ont été affectées par une réduction des ressources tirées de l’impôt sur les sociétés à hauteur de près de 20%, soit 1,7 milliard de livres. Les revenus des sociétés pétrolières, plombés par la fermeture du champ de gaz d’Elgin en mer du Nord, expliquent à eux seuls une détérioration à hauteur de 1 milliard de livres des recettes, selon l’office national de la statistique (ONS).

Depuis le début de l’année fiscale, les recettes ont augmenté de seulement 1,1%, loin des 3,9% pronostiqués par le Bureau pour la responsabilité budgétaire (OBR) pour l’ensemble de l’exercice 2012-2013. D’autant que les dépenses publiques ont progressé en juillet à hauteur de 5,1%, soit largement au-dessus des prévisions de 3% fixées par le bureau pour la responsabilité budgétaire pour l’ensemble de l’année. Au total, l’emprunt net du secteur public britannique - hors secteur financier et charge exceptionnelle liée au transfert d’actifs des régimes de retraite de la Royal Mail au secteur public l’année dernière - s'élève depuis le début de l’année à 47,2 milliards de livres, soit une hausse de 11,6 milliards par rapport à 2011.

Pour beaucoup d’économistes, ces mauvais chiffres laissent supposer que les emprunts pour 2012 et 2013 devraient dépasser les prévisions du Bureau pour la responsabilité budgétaire à hauteur de 30 à 35 milliards de livres. L’OBR avait prévu de ramener les emprunts à 120 milliards de livres pour l’exercice en cours. Si beaucoup s’accordent à penser que le durcissement du déficit reflète la faiblesse de l’économie britannique, la marge de manœuvre du gouvernement n’en reste pas moins limitée. Le traditionnel discours d’automne prononcé par le chancelier de l’Echiquier en novembre pourrait ainsi donner lieu à un relèvement des pronostics d’emprunts publics pour l’année fiscale en cours.

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