« L’endettement des Etats est plus problématique pour les actions que pour les obligations »
Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BCG
Publié le
Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi avez-vous abaissé vos prévisions à six mois sur les principaux indices?
Christian Parisot : Les statistiques économiques sont très positives et confirment la reprise de la croissance mondiale. Le risque de rechute de l’économie est faible. Mais plusieurs éléments très négatifs sont apparus. D’une part, les publications des entreprises américaines confirment que les marges unitaires ont atteint un point haut et qu’elles se replieront en 2010. Le scénario consensuel d’une reprise molle, implique dans ce contexte que la croissance des bénéfices par action s’annonce modérée. D’autre part, les excès d’investissement dans les pays émergents, dont la Chine, pourraient imposer un durcissement plus rapide des politiques monétaires dans ces pays. En outre, le redressement des finances publiques dans les pays développés pèsera sur leur croissance à moyen terme. L’endettement des Etats est plus un problème pour les actions que pour les obligations. Enfin, les incertitudes réglementaires et économiques sont importantes sur les banques. Déterminer la valeur fondamentale des banques est devenu impossible! Ces éléments négatifs justifient cette correction de début d’année.
Que faudrait-il pour envisager une reprise plus forte des marchés actions?
Il existe des éléments de soutien: faible valorisation du marché actions, confirmation d’une reprise économique autonome, réaction des autorités européennes si une véritable défiance des marchés s’observait envers les pays «faibles» de la zone… Mais, l’année 2010 s’annonce difficile, avec un faible potentiel de hausse. Les bonnes nouvelles étaient sur 2009, pas sur 2010.
L’Agence internationale de l’énergie (IEA) a averti que l’absence d’avancées sur la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait faire entrer le marché en «zone rouge» cet été à cause de la réduction rapide des stocks.
Pour renforcer sa sécurité économique, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à nouer de nouveaux partenariats. Elle doit notamment signer une alliance commerciale renouvelée avec le Mexique.
Le groupe de défense allemand est revenu sur le marché obligataire jeudi 21 mai pour la première fois depuis 2010 avec une émission de 500 millions d’euros ayant attiré près de 6 milliards d'euros de demandes au pic, dans un marché très réceptif.
S’exposer aux marchés américains ou spéculer contre l’économie tout en bénéficiant d’un avantage fiscal. Voilà la promesse faite depuis quelques années par les principaux fournisseurs d’ETF.
Dimanche, la Chine a fait décoller sa fusée Longue Marche 2-F avec succès. L’engin transportait le vaisseau Shenzhou-23 et trois astronautes vers la station spatiale Tiangong. L’un d’eux va rester une année entière en orbite. Car Pékin voit loin et veut envoyer des humains sur la Lune d’ici 2030
« Magnifica humanitas » (« Humanité magnifique » en latin), la première encyclique du pape Léon XIV est publiée lundi 25 mai. Elle est consacrée à l’intelligence artificielle et pourrait avoir une grande portée dans un temps de révolution technologique