Lendemains délicats pour les fonds spéculatifs introduits en Bourse

Sensiblement affectée par la crise financière, la valorisation des hedge funds tels Fortress ou Och-Ziff peine à tenir ses promesses
Benoît Menou

Comme un rêve brisé. Il y a un an, les groupes de private equity et les gestionnaires de hedge funds jouaient les princes de la finance et se bousculaient aux portes de la Bourse pour tirer parti de ce statut enviable. Las, la crise du crédit déclenchée l’été passé a brisé cet élan. Quant à ceux qui avaient franchi le pas, leur valorisation en Bourse a bien souvent subi une sensible correction. Ce qui n’empêche pas le fonds Citadel d’envisager une cotation cette année, selon son directeur financier, cité par Business Week.

Ainsi, lorsque le gestionnaire alternatif Fortress Investment Group se lance à l’assaut de la Bourse de New York en février 2007, c’est en levant plus de 630 millions de dollars à un cours d’entrée dans le haut de la fourchette indicative, à 18,5 dollars, qui le valorise à plus de 7 milliards de dollars. Dès les premiers échanges, la valeur double, avant que le titre ne cède régulièrement du terrain, pour finir l’exercice 2007 avec un cours plus que divisé par deux. Les opérateurs craignent tout d’abord pour la liquidité et donc la valorisation des actifs du gestionnaire.

En février, le succès enregistré par Fortress pouvait visiblement convaincre certains de ses concurrents, auparavant réticents à céder à l’exigence de transparence qu’implique une cotation en Bourse. La demande du marché en papier financier n’est plus la même désormais.

L’expérience vécue par Boussard & Gavaudan, parmi d’autres, apparaît plus nuancée. Le gestionnaire britannique a en effet réalisé deux offres successives de titres en Bourse d’Amsterdam, en novembre 2006 puis en juillet 2007, toutes deux au prix unitaire de 10 euros et totalisant 1 milliard d’euros. Aujourd’hui, le cours se traite à ces niveaux, après avoir dépassé les 12 euros au printemps.

Dans cet océan de désillusions, le gestionnaire britannique GLG Partners fait figure de cas isolé. Il a opté en juin dernier pour une cotation à la Bourse de New York par le biais d’une opération originale de rachat par une coquille vide. Depuis, après une vive correction du titre entre août et octobre, les opérateurs lui ont conservé leur confiance, avec un gain depuis supérieur à 30 %. Och-Ziff Capital Management, enfin, a décidé en novembre de braver l’horizon incertain. Le titre n’a connu aucun état de grâce, cédant le tiers de sa valeur en une dizaine de jours et évoluant depuis sans tendance claire.

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