L’emploi américain poursuit son amélioration progressive
Le dernier rapport sur l’emploi aux Etats-Unis ne va pas aider la Réserve fédérale. L’activité américaine a créé 223.000 emplois non agricoles au mois de juin, soit un rythme moyen de 245.000 et un total de 2,94 millions nouveaux emplois sur les douze derniers mois. Si ce rythme a légèrement décéléré depuis son plus haut de 269.000 atteint en février, il a néanmoins été suffisant pour faire revenir le taux de chômage à 5,3%, à moins d’un point de ses points bas de 2006 et 2007.
Cette performance a néanmoins été entachée par la chute du taux de participation de 0,3 point à 62,6%, son plus bas niveau depuis 1977, et par le ralentissement de la hausse des salaires horaires à un rythme de 2% sur un an, après 2,3% en mai. «La Fed devra à présent déterminer quel rythme de croissance de l’emploi (et du PIB) est nécessaire pour stabiliser le taux de chômage. Les colombes se verront conforter par la faible hausse des salaires qui ne leur force pas la main, alors que les faucons s’inquièteront de la vitesse à laquelle l’économie se rapproche de son niveau de plein emploi», résume Citigroup. De son côté, la présidente du Conseil des gouverneurs de la Fed Janet Yellen a clairement indiqué que l’accélération des salaires ne constituait pas une condition à la normalisation de la Fed.
L’indice de la Fed d’Atlanta, jugé plus significatif, montre une accélération à un rythme de 3,3%, le plus rapide depuis février 2009 qui a débuté lorsque le taux de chômage est passé sous les 6%, contre un seuil de 5,5% lors des cycles précédents, constate Citigroup. «Les investisseurs devront tenir compte du risque que la Fed resserre ses taux plus tôt que ce qui est anticipé par les contrats Fed funds, qui ne voient même pas 200 pb de hausse à horizon 3 ans», estime Citigroup. Un rythme nettement plus faible que celui prévu par les «dots» du FOMC (Federal Open Market Committee), lui-même inférieur à celui du cycle entamé en juin 2004 (425 pb en à peine 2 ans). Le rendement des Treasuries à 2 ans n’a quant à lui pas dépassé le seuil de 0,75% depuis le mois d’avril 2011.
La hausse des taux devrait s’accompagner d’une réduction du bilan de la Réserve fédérale avec la fin du réinvestissement des coupons reçus sur ses actifs, qui pourrait démarrer en 2016. Il viendrait alors renforcer le durcissement des conditions monétaires.
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