L’emploi américain donne une bouffée d’oxygène aux marchés
Enfin une bonne statistique! Selon les chiffres du département du Travail (BLS), ce sont 117.000 emplois non agricoles qui ont été créés au mois de juillet aux Etats-Unis, alors que le consensus établi par Reuters prévoyait une hausse plus modeste de 85.000 postes. Et ce, malgré 37.000 nouvelles destructions d’emplois dans le secteur public. Ces données signalent une amélioration sensible par rapport aux créations d’emplois du mois de mai (révisées à la hausse de 25.000 à 53.000) et de juin (révisées de 18.000 à 46.000), faisant grimper le taux 10 ans à 2,45%.
Ce mouvement s’explique principalement par 25.900 créations d’emplois dans le secteur de la distribution et 24.000 dans l’industrie. Autre nouvelle positive, le secteur automobile et celui de la construction créent symboliquement 8.000 emplois chacun. La publication de l’indice ISM du secteur manufacturier pour le mois de juillet avait révélé une bonne résistance de la composante «emploi» à 53,5 malgré une chute de 4,4 points de l’indice global à 50,9.
Le salaire horaire a augmenté de 0,4% en juillet, soit une croissance annuelle de 2,3%, contre 2% en juin. Aurel BGC anticipe qu’à «court terme, les gains salariaux des ménages et le recul récent des prix du pétrole pourraient soutenir la consommation des ménages». L’enquête du BLS a également signalé un léger recul du taux de chômage, de 9,2% à 9,1%, après trois hausses consécutives. Une baisse qui «n’a résulté que d’une baisse du taux d’activité, et non d’un accroissement des emplois», nuance BNP Paribas. Ces chiffres demeurent en outre nettement en retrait de ceux observés en début d’année. Entre janvier et avril, l’économie américaine avait en effet créé 179.000 emplois en moyenne. Et Aurel BGC de rappeler qu’«en absolu, les créations d’emploi restent faibles.»
A titre d’exemple, l’économie américaine a créé en moyenne 180.000 emplois par mois sur les deux années qui ont suivi la crise de 2001 (à partir de septembre 2003), après en avoir détruit 2,4 millions entre mars 2001 et février 2003. Or, entre février 2008 et janvier 2010, quelque 8,7 millions d’emplois ont été détruits. Au rythme de créations actuel, il faudrait encore 5 ans pour récupérer tous les emplois détruits pendant la crise… Après les mauvais chiffres de croissance du premier semestre, Aurel BGC rappelle que «la probabilité d’une récession aux Etats-Unis a seulement diminué mais n’a pas disparu de l’esprit des investisseurs.»
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