L’emploi américain confirme les anticipations d’une croissance faible
Les créations de postes ont légèrement ralenti. Surtout, de nombreux chômeurs décident de quitter la population active
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Violaine Le Gall
La croissance du marché de l’emploi américain a ralenti au mois d’avril. 115.000 emplois ont été créés le mois dernier. Il faut remonter à octobre 2011 pour trouver un nombre aussi bas. En y regardant de plus près, le tableau dressé par l’enquête auprès des entreprises par le département du travail n’est pourtant pas préoccupant en soi, d’après les économistes.
De fait, ce ralentissement fait suite à des mois d’hiver exceptionnellement dynamiques en matière de créations d’emplois, en raison d’une météo favorable. Par ailleurs, c’est le secteur public qui continue de peser sur le marché avec 15.000 postes supprimés le mois dernier. Depuis le début de l’année, 201.000 emplois ont été créés en moyenne chaque mois, rappelle ainsi Harm Bandholz, économiste chez UniCredit.
L’enquête auprès des ménages est plus inquiétante. Certes, le taux de chômage baisse, passant de 8,2% à 8,1%. Mais ce repli s’explique davantage par la baisse de la population active que par le recul du nombre de sans-emploi. La moitié des 342.000 personnes ayant quitté la population active en avril l’ont fait pour partir à la retraite, d’après les estimations d’UniCredit. L’autre moitié serait constituée de personnes renonçant à chercher un emploi. Si elles étaient réintégrées à la population active, le taux de chômage monterait à 10,1% en avril, contre 9,9% en février, prévient UniCredit.
Le ratio entre les travailleurs et la population totale, à 58,4%, reste proche de son plus bas niveau touché fin 2009 et «montre que nous n’allons pas dépasser un taux de croissance de 2-2,5% dans un avenir proche», ajoute Julia Coronado, économiste chez BNP Paribas.
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