L'émission réussie de CoCos par KBC montre l’appétit pour les hybrides
Premier test réussi pour une émission d’obligations contingentes en 2013. Le placement de «CoCos» bouclé par KBC vendredi a dépassé les attentes et montre le renforcement de l’appétit des investisseurs pour les émissions de titres de dette hybride. Le bancassureur belge KBC a annoncé avoir levé 1 milliard de dollars de dettes tier 2 à travers des «CoCos» d’un genre un peu particulier puisque non convertibles en actions. L’opération se distingue en cela des «CoCos» émis par Lloyds en décembre 2009 et par Credit Suisse en 2011. Les détenteurs de titres de dette KBC perdront l’intégralité de leur créance si le ratio de fonds propres core tier 1 de l’établissement passe sous les 7% des encours pondérés. A de telles conditions, la banque a proposé un coupon de 8%.
«L’émission de dette tier 2 contingente par les banques permet de créer un coussin de protection et de rassurer les porteurs de dettes seniors mais également les actionnaires. En effet, le nominal de dette tier 2 contingente sera totalement ramené à zéro si le seuil de déclenchement est atteint, donc avant que les actionnaires ne soient touchés», rappellent les analystes d’Aurel.
Le 10 décembre le groupe avait indiqué son intention d’émettre quelque 750 millions d’euros d’obligations de capital conditionnel au premier trimestre 2013. «L’émission a pu compter sur une forte demande, et a été plus de 8 fois sursouscrite», a fait savoir KBC. Cette opération à maturité 2023 a été en majeure partie placée auprès d’investisseurs institutionnels et fortunés en Asie et en Europe. Elle rappelle l’émission de Barclays en novembre 2012 et celle d’UBS en février 2012. Elle comporte une date de rachat anticipé (call) au bout de 5 ans, et a été notée BB+ par Standard & Poor’s soit deux crans en dessous des notes attribuées par l’agence aux dettes tier 2 traditionnelles.
S&P prévoit que le ratio tier one de KBC restera supérieur à 11% jusqu’à fin 2014, soit 401 points de base au-dessus du seuil de déclenchement. Moody’s a indiqué de son côté qu’elle ne noterait pas cet instrument, ni les autres dettes contingentes car elle estime qu’il y a des incertitudes liées au seuil en dessous duquel la totalité du nominal est ramenée à zéro. L’agence évoque aussi le risque que les porteurs de cette dette tier 2 puissent prendre des pertes avant les porteurs de dette juniors.
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