L’émission hybride de Volkswagen anime le marché primaire du crédit
Volkswagen (VW) anime le marché du crédit. Le groupe est devenu la semaine dernière le premier émetteur du secteur automobile à émettre des obligations hybrides en euros depuis le début de la crise financière. L’opération, notée BBB et dirigée conjointement par Bank of America Merrill Lynch, Citigroup, Commerzbank et Goldman Sachs International (GSI) comme teneurs de livre, a permis au constructeur allemand de lever un montant total de 2 milliards d’euros en deux tranches.
La première tranche d’obligations perpétuelles, d’un montant de 1,25 milliard d’euros, a été assortie d’un coupon de 3,875%, soit un spread de 270 points de base (pb) par rapport au taux de référence, avec une échéance de l’option d’achat annulable au 4 septembre 2018 (5 ans). La deuxième tranche, de 750 millions, a offert un coupon de 5,125%, soit un spread de 310 pb par rapport au taux de référence, pour une échéance de l’option annulable au 4 septembre 2023 (10 ans).
«Le marché de l’hybride a su démontrer qu’il est beaucoup plus profond que par le passé», explique Paul Santucci, responsable de l’origination corporate chez HSBC France. Cette émission a en effet rassemblé 29% de souscripteurs britanniques et 28% d’investisseurs allemands et autrichiens, selon Bloomberg. Ce sont en outre les sociétés de gestion d’actifs qui se sont montrées les plus gourmandes en accaparant 77% du montant total de l’opération, contre 13% pour les assureurs et fonds de pension et 6% pour les banques privées.
La semaine dernière, dix opérations de référence d’émissions primaires de sociétés non financières notées en catégorie investissement ont été réalisées de la part de sept émetteurs différents, pour un total de 7,95 milliards d’euros. Il s’agit du septième plus gros montant hebdomadaire depuis le début de l’année. Un marché très actif du fait du resserrement à venir de la Fed et des conflits en Syrie «qui ont poussé certains émetteurs à venir rapidement sur les marchés», estime Paul Santucci.
L’opération menée par VW pourrait faire boule de neige et enclencher l’émission longtemps espérée par Enel, selon les analystes de la Société Générale. «Les émissions ont été généralement sursouscrites et ‘pricées’ dans la fourchette basse des estimations initiales, et parfois même plus basses, ce qui tend à souligner que l’appétit pour le crédit ne s’est pas tari ces dernières semaines», ajoute la banque.
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