L’élection présidentielle au Brésil met le real sous vive tension
L’incertitude entourant le résultat final de l’élection présidentielle au Brésil, qui sera connu dimanche, agite les marchés. La publication du dernier sondage montrant une courte avance de la présidente Dilma Rousseff sur son rival de centre-droit Aecio Neves a entraîné une chute du real de 2% contre dollar cette semaine. La devise s’est dépréciée de 4,5% en deux semaines, avec une explosion de la volatilité implicite à un mois, de 10% début septembre à 26,7% hier. Un niveau qui n’avait pas été atteint depuis septembre 2011, et deux fois plus élevé que sa moyenne de long terme.
«Il existe des enjeux importants pour l’économie brésilienne à moyen terme selon le résultat, qui s’ajoutent à une extrême volatilité sur les marchés», estime SG CIB. Si aucun changement majeur de politique n’est attendu en cas de réélection de Dilma Rousseff, son concurrent s’est engagé sur un programme ambitieux de réformes structurelles, comprenant plus de discipline budgétaire, une ouverture des projets d’investissement en infrastructures au secteur privé, et une hausse du ratio d’investissements de 17% du PIB actuellement, à 24%.
Aecio Neves a en outre promis le ministère des finances à Arminio Fraga, surnommé le «Alan Greenspan d’Amérique du Sud» lors de son passage à la tête de la banque centrale (BCB) de 1999 à 2002. Un mandat durant lequel il a introduit la flexibilité du taux de change et le ciblage de l’inflation. Arminio Fraga entend déboucler les swaps de change de 110 milliards de dollars et installer une flexibilité totale du real qui permette à la BCB de resserrer son objectif d’inflation, compris actuellement entre 2,5% et 6,5%. Une mesure qui, avec la libéralisation des prix énergétiques et de transport permettrait un meilleur ancrage des anticipations d’inflation avec une baisse des points morts. Ceux-ci évoluent entre 5,5% et 6,5% depuis 2011, selon Barclays.
La capacité des futures autorités à faire baisser le niveau d’inflation, à 6,62% mi-octobre, orientera les décisions de la BCB. Avec une croissance anticipée à seulement 0,7% cette année, elle a resserré ses taux directeurs pour les ramener à 11%, et ainsi conservé des taux réels à 10 ans élevés de 5,25%, malgré une baisse de 175 pb depuis le début de l’année.
Les marchés anticipent le maintien de cette politique restrictive, avec un rendement des obligations à 2 ans en devise locale qui oscille entre 11% et 12,5% depuis le début de l’année.
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