L'élargissement de l’abus de droit dans le budget inquiète les entreprises
Les mesures votées par les députés pour mieux lutter contre l’optimisation fiscale inquiètent les entreprises. Elles mettent en garde contre un amendement au budget 2014 qui, en élargissant la notion d’abus de droit, pourrait les soumettre à de lourdes pénalités.
La reconnaissance d’un abus de droit permet aujourd’hui à l’administration de sanctionner une entreprise (ou un particulier) qui réalise des montages apparemment irréprochables d’un point de vue juridique mais dont le but exclusif est d’échapper à l’impôt. Les élus jugent toutefois trop facile de justifier des montages par des motifs autres que purement fiscaux. Ils souhaitent donc empêcher les dispositifs qui «ont pour motif principal [et non plus exclusif] d'éluder ou d’atténuer les charges fiscales». Cette modification juridique, envisagée de longue date, était préconisée dans un rapport parlementaire sur l’optimisation fiscale publié en juillet dernier et avait été reprise dans une proposition et un projet de loi récents.
«On a une crainte énorme d’interprétation systématiquement à charge», déplore Michel Guilbaud, directeur général du Medef. L’abus de droit, qui peut entraîner une majoration d’impôt de 80%, risque selon lui de toucher des entreprises de toutes tailles. Le gouvernement est lui aussi réticent. Le ministre du budget, Bernard Cazeneuve redoute «une insécurité juridique pour les acteurs (…) faute de critères juridiques avérés caractérisant un but principalement» fiscal. Il craint même une contradiction avec des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne et une condamnation de la Cour européenne des Droits de l’Homme.
Ces arguments n’ont pas suffi à convaincre les députés qui insistent sur le fait que le changement n’interviendrait qu’en 2016. «Le délai que prévoit cet amendement nous laisse encore deux projets de loi de Finances pour corriger les choses», a argué le député socialiste Pascal Cherki.
Les députés ont aussi adopté plusieurs amendements préconisant de déclarer les montages d’optimisation fiscale préalablement à leur commercialisation, prévoyant une législation plus dure en matière de prix de transfert et rendant obligatoire la communication de la comptabilité analytique et des comptes consolidés lors des contrôles. «Ces dispositions sont trop floues et n’ont pas été travaillées sérieusement», résume Michel Guilbaud.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France