L'élan se renforce en Europe pour mettre fin au secret bancaire
De grandes manœuvres s’annoncent en matière de lutte contre l’évasion fiscale en Europe. Après que les cinq plus grands pays de l’UE ont annoncé leur volonté d’appliquer entre eux des règles similaires à l’accord FATCA américain, quatre autres – Belgique, Pays-Bas, Pologne, Roumanie – ont rejoint le mouvement, lors de la réunion informelle des ministres européens des Finances ce week-end à Dublin. «Il me semble qu’il y a un vent qui souffle dans l’UE pour lever les opacités, les obstacles que peut receler le secret bancaire», s’est félicité le ministre français de l’Économie, Pierre Moscovici.
Cette «démarche commune» vise à «forcer la porte» des pays encore récalcitrants. C’est chose faite avec le Luxembourg qui a annoncé sa participation à l’échange automatique d’informations sur l’épargne des non résidents à partir de 2015. Reste à ouvrir le verrou autrichien. Vienne maintient officiellement son veto sur la levée de son secret bancaire. Mon pays «tiendra bon», a martelé la ministre autrichienne, Maria Fekter, prête à défendre l’intérêt national «comme une lionne». Elle a critiqué le Royaume-Uni qui ferait mieux de balayer devant sa porte et l’échange automatique de données qui constituerait une violation de la vie privée. Le commissaire européen à la Fiscalité, Algirdas Šemeta, a quand même décelé dans l’attitude autrichienne lors des débats «une sorte d’ouverture».
Surfant sur la vague médiatique, la démarche enclenchée vise aussi à élargir le champ d’application de la lutte contre l’évasion fiscale. Pour le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, l’échange d’informations devrait s’appliquer à «tout type de revenus». Notamment du capital comme les dividendes, les plus-values, les royalties. Une fois vertueux chez eux, les Européens iraient montrer le bon exemple au G20. Prudente, la Commission veut voir pour croire. Elle appelle les ministres à boucler, d’ici à mai, la révision de la directive «fiscalité de l’épargne» et à lui octroyer des mandats pour négocier des accords similaires aux règles européennes avec des pays tiers comme la Suisse ou le Liechtenstein. «Si en mai, on n’a pas de mandat, c’est un problème», souffle cet expert.
À Dublin, les grands argentiers européens se sont engagés à allonger de 7 ans la maturité moyenne des prêts accordés à l’Irlande et au Portugal par les fonds de sauvetage FESF et MESF. Cette décision contribuera à aider les deux pays à retrouver l’autonomie financière. L’exercice est en bonne voie pour l’Irlande, plus périlleux pour Lisbonne.
Enfin, les ministres ont confirmé à l’unanimité l’accord sur la création du mécanisme unique de supervision bancaire sous l’égide de la BCE. Le futur superviseur européen, qui contrôlera directement les banques aux actifs dépassant 30 milliards d’euros sera opérationnel au printemps 2014.
D’ici là, au plus tard en juin, les modalités de la recapitalisation bancaire directe par le Mécanisme européen de stabilité (MES) auront été arrêtées. Le ministre allemand Wolfgang Schaüble a indiqué qu’il souhaitait voir se mettre en place une «hiérarchie des engagements» où les actionnaires et les créanciers des banques figurent en première ligne pour les renflouer avant toute intervention des gouvernements ou du MES.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement. -
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
Contenu de nos partenaires
-
Medhi Bensaid, ministre de la Culture du Maroc : « La Coupe du monde 2030 permettra de montrer le royaume »
Le ministre marocain de la Culture veut s'associer au privé pour développer des infrastructures culturelles. A côté des secteur traditionnels, il met en avant la stratégie marocaine dans le domaine des jeux vidéo -
Tache d'huileTransit de pétrole : la Russie ressort l'arme énergétique contre l'Allemagne
Moscou suspend pour des raisons « techniques » à partir du 1er mai les livraisons par oléoduc du pétrole kazakh destinées à une raffinerie située à 100 km de Berlin. -
To talk or not to talkMaurice Lévy : « Trop de choses me séparent du RN et je ne vois pas pourquoi je devrais voir ses dirigeants »
Alors que les rencontres entre chefs d'entreprise et RN s'accélèrent, Maurice Lévy, président d'honneur de Publicis, estime qu'il revient aux organisations patronales de recevoir les dirigeants RN.