L'économie suisse reste pénalisée par la crise de la zone euro et le franc fort
L’économie suisse pâtit de la crise de la zone euro et de la force de sa monnaie, en dépit de la politique de lutte contre le franc fort. Le PIB suisse a reculé de 0,1% au second trimestre (comparé au trimestre précédent) alors que les économistes sondés par Bloomberg pariaient plutôt sur une légère augmentation de 0,2%. Au printemps, le FMI estimait que la croissance du PIB ne serait que de 0,8% en 2012 et 1,7% en 2013.
Les exportations de marchandises et services ont reculé respectivement de 0,7% et 0,9% sur trois mois. Dans le même temps, les importations de marchandises ont baissé de 0,5% et celles de services progressé de 1,8%. «L’économie suisse est clairement en train de pâtir de la faiblesse de la zone euro et de la force du franc. Mais avec une demande intérieure bien solide, elle continue à dépasser la plupart de ses voisins», relativisent les analystes de Citi. Les dépenses de consommation privée ont crû de 0,3%, et celles de l’Etat et des assurances sociales de 1%.
«La demande intérieure est le principal et le plus stable déterminant de l’activité économique suisse. Le cours plancher fixé par la Banque nationale suisse (BNS) a permis de détendre la situation financière et monétaire, restaurant la confiance, et de diminuer l’impact négatif de l’appréciation du franc sur les exportations», écrit Evelyn Herrmann, économiste chez BNP Paribas.
Demain, la banque centrale fêtera le premier anniversaire de l’instauration du cours plancher de 1,20 franc pour un euro. La parité était hier soir à 1,2011. Les marchés ont plusieurs fois testé le seuil fixé, au printemps dernier, contraignant la BNS à augmenter massivement ses réserves de changes. Entre les mois de mai, juin et juillet dernier, la banque a dû racheter des devises étrangères pour plus de 165 milliards de francs suisses. Cependant, les achats ont ralenti en août (15 milliards de francs suisses).
Aux dires d’Evelyn Herrmann, le bilan de cette intervention est clairement positif. Si la banque centrale n’était pas passée à l’action, le franc serait à 0,85 euro aujourd’hui. Ce qui aurait été bien plus dramatique pour les exportations. Alors que la prochaine décision monétaire de la BNS est prévue le 13 septembre, l’économiste n’attend pas de changement. D’autant que l’inflation est loin d’être une menace. «La BNS peut défendre son plancher, même soumise à une forte pression pendant au moins six mois, et potentiellement beaucoup plus longtemps», écrit-elle.
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