L'économie sud-coréenne bénéficie d’un soutien budgétaire massif

Après la baisse surprise de taux consentie par la banque centrale, le gouvernement a détaillé son plan de relance budgétaire de 30 milliards d’euros
Patrick Aussannaire

La Corée du Sud se convertit aux vertus de la relance. Dans le cadre d’un plan de soutien à l’activité de 30 milliards d’euros, le gouvernement a accordé des crédits d’impôts de 10% et 5% selon leur taille aux entreprises sud-coréennes qui consentiront à des augmentations de salaires, alors que le taux d’imposition sur les dividendes perçus par les ménages sera abaissé de 38% en moyenne actuellement, à 25%.

Les entreprises cotées qui accroissent le niveau des dividendes versés de plus de 30% ou ont un ratio de distribution supérieur à 120% de la moyenne de marché, bénéficieront de baisses d’impôts. Celles qui ne redistribuent pas leurs excédents de trésorerie sous forme de hausse de salaires ou de dividendes se verront imposer une surtaxe.

SG CIB estime que ces mesures auront un impact limité sur le revenu des ménages, mais un effet plus large sur les marchés actions. Le taux de dividende (dividend yield) du marché actions sud-coréen est le plus bas du continent asiatique à 1,1%, contre 2,9% à Taiwan, 3,9% à Hong Kong et 3,2% en Chine, alors que les réserves de trésorerie des dix plus grands groupes cotés du pays se montaient à 430 milliards de dollars fin 2013. Une situation citée comme la raison principale de la sous-performance de l’indice Kospi, en hausse de 1,7% depuis le début de l’année, contre +6,1% pour l’indice taïwanais, +8,5% pour celui de Shanghai et +25,8% pour le Nifty indien.

Afin de soutenir la relance budgétaire qui cible également le marché immobilier, la banque centrale (BoK) a consenti le mois dernier une baisse surprise des taux directeurs de 25 pb à 2,25%. La BoK, qui a maintenu le statu quo la semaine dernière pour mesurer l’effet des mesures de relance sur l’économie, a néanmoins ciblé la chute du yen comme une menace directe à la reprise sud-coréenne. Si le won corrige de 2,3% contre dollar depuis début septembre, il s’est apprécié de 4,8% contre yen depuis début août pour atteindre son plus fort niveau depuis mi-2008.

Hier, le ministre de l’économie a tiré la «sonnerie d’alarme» sur une éventuelle stagflation à la japonaise qui pourrait menacer l’économie du pays. Celle-ci devrait croître à un rythme de 3,7% cette année, après 3% en 2013, et l’inflation a ralenti à 1,4% en août. Un rythme bien inférieur à la cible de 2,5% à 3,5% visée par la BoK, et qui pourrait justifier une nouvelle baisse des taux directeurs de 25 pb avant la fin de l’année, selon Barclays.

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