L'économie russe est proche du précipice
La Russie joue avec le feu. Le FMI a réduit ses prévisions de croissance du PIB russe à 0,2% cette année et 0,5% en 2015. «Les tensions géopolitiques accroissent les incertitudes, et pèsent sur la confiance et l’investissement», a averti l’institut. Des projections qui pourraient encore être abaissées si le scénario d’une résolution progressive de ces tensions sur 2015 venait à s’infirmer.
La banque centrale (CBR) élabore même un plan de soutien à l’économie pour le cas où le cours du pétrole tomberait à 60 dollars, sensiblement sous le niveau des 100 dollars retenu dans le cadre du projet de budget 2015-2017 adopté la semaine dernière, selon l’agence Interfax. Un niveau qui plongerait l’économie en grave récession, le pays tirant environ la moitié de ses recettes fiscales de la vente d’hydrocarbures.
Les fuites de capitaux hors de Russie devraient atteindre 100 milliards de dollars cette année, avant de se réduire légèrement l’an prochain tout en restant élevées, selon le FMI. SG CIB table sur des retraits de 125 milliards cette année, alors que les réserves de change du pays ont fondu de 44 milliards depuis le début de l’année à 466 milliards, soit un rythme de 5 milliards par mois. Depuis fin juin, le taux russe à 2 ans s’est tendu de 100 pb, à 8,85%, et a même atteint 9,3% le 7 août dernier. La détente récente n’a pas empêché le rouble de se déprécier de 17,7% contre dollar sur les trois derniers mois pour tomber hier à son plus faible niveau historique, malgré la relative stabilité des taux américains. Il s’était pourtant repris de 8% entre mi-mars et fin juin.
Cette dépréciation alimente l’inflation qui devrait passer au-dessus des 8% d’ici àla fin de l’année, contre 7,7% fin août, et reste au-dessus de la fourchette cible haute de la CBR de 6,5% en 2015, selon le FMI. Dans ce contexte, «la CBR devrait resserrer davantage sa politique de taux d’intérêts afin de réduire l’inflation et poursuivre ses efforts de ciblage d’inflation grâce à une flexibilité intégrale du taux de change», préconise le Fonds.
La CBR, qui vise une inflation à 4,5% en 2015 et 4% en 2016, a laissé ses taux directeurs inchangés à sa dernière réunion à 8%. Or, avec un taux 10 ans à 9,37%, les taux réels sont ainsi inférieurs à 2%, ce qui laisse une marge de manœuvre. BNP Paribas voit ainsi une forte probabilité d’une hausse de taux de 50 pb à sa prochaine réunion qui se tiendra le 31 octobre.
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