L'économie japonaise reste pénalisée par la faiblesse de son commerce extérieur
Les commandes de machines au Japon, indicateur avancé des dépenses d’investissement, ont rebondi pour le deuxième mois consécutif, de 3,9% en novembre. Une hausse largement supérieure aux prévisions de consensus qui tablait sur une hausse marginale de 0,3%. Les commandes manufacturières ont progressé de 3,9%, celles du secteur non manufacturier de 6,2%. «Les dépenses en capital devraient rebondir progressivement cette année» estime Junko Nishioka, chef économiste chez RBS Securities.
Malgré ce signe positif, la Banque Mondiale se montre pessimiste sur l’économie japonaise, qui devrait se contracter de 0,8% cette année. Après deux trimestres de contraction de l’activité, le consensus Bloomberg table sur un nouveau recul du PIB japonais d’une ampleur de 0,6% sur le dernier trimestre 2012, avant un modeste rebond de 1,6% au premier trimestre 2013. En cause, la valeur des exportations japonaises qui ont chuté de 17% entre les mois de juin et septembre 2012, selon la Banque Mondiale qui met ces difficultés pour partie sur le compte de la détérioration des relations diplomatiques avec la Chine. A moyen terme, l’économie nipponne devrait retrouver le chemin de la croissance à un rythme modéré de 1,2% en 2014 et 1,5% en 2015, selon les prévisions de l’institution de Washington.
Mais le nouveau gouvernement semble déterminé à user de toutes les armes pour défier ces pronostics pessimistes. Le Premier ministre se déplace dans l’Asie du Sud-Est afin de promouvoir un renforcement des relations commerciales avec ses voisins. Sur le plan interne, un programme de relance budgétaire de 10.300 milliards de yens représentant 2% du PIB nominal a ainsi été lancé comprenant notamment des dépenses publiques en infrastructures ou un fonds destiné à favoriser les investissements directs nippons à l’étranger qui «devraient renforcer la faiblesse du yen» selon Citigroup.
En outre, le gouverneur de la BoJ Masaaki Shirakawa s’est engagé hier à poursuivre une politique monétaire très accommodante du fait du «ralentissement des exportations et de la production industrielle». Une déclaration perçue comme un engagement qu’une nouvelle rallonge au programme de rachats d’actifs de la banque centrale sera accordée à sa prochaine réunion qui se tiendra la semaine prochaine.
Malgré ces engagements, le yen se reprenait ce matin pour la deuxième séance consécutive à 88,26 contre dollar après être tombé lundi à 89,67, son plus faible niveau depuis juin 2010. Le ministre de l’Economie Akira Amari a en effet alerté hier contre les risques d’une trop grande faiblesse du yen sur le coût des importations.
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