L’économie japonaise ne doit son salut qu’à l’investissement public

La croissance dans l’archipel a chuté à 1,4% sur un an au deuxième trimestre, mais s’est contractée de 0,6% sans tenir compte du déflateur de PIB
Patrick Aussannaire

L’économie japonaise marque le pas. Au deuxième trimestre, l’économie du pays a progressé de 1,4% en rythme annuel, après une croissance de 5,5% au trimestre précédent. Un niveau bien inférieur aux 2,7% anticipés par le consensus. En cause: le commerce extérieur qui a retiré 0,1 point à la croissance trimestrielle, notamment du fait de la vigueur persistante du yen qui s’est renforcé de 4% contre dollar sur le trimestre et de 9,5% contre euro. Depuis fin juin, le yen s’est encore apprécié de 2% contre le billet vert à 78,21, et de 5% contre la monnaie unique à 96,32.

Mais le yen n’est pas seul en cause. Depuis l’année 2000, le Japon a vu la valeur de ses exportations progresser de 30%, contre un doublement de la part de l’économie allemande, faisant ainsi chuter la part des exportations japonaises dans le commerce mondial de 6,3% en 2000 à 4,1% en 2011 selon les chiffres de l’OCDE, contre une légère hausse du poids de l’Allemagne dans le commerce mondial à 8,2% dans le même temps. En avril, la balance des paiements nipponne a enregistré un excédent plus faible que prévu de 333,8 milliards de yens (contre 455,6 milliards attendu) et le solde commercial a chuté de 13% à 464 milliards.

Pire: la consommation intérieure a connu une croissance limitée de 0,3%, et de seulement 0,1% pour la consommation privée. Et les salaires nominaux d’enregistrer un recul de 0,5%, stables en termes réels. «Même dans un contexte où l’activité économique progresse, les revenus ne rebondissent pas. Les perspectives de consommation sont ainsi ternes», estime JPMorgan. Sans tenir compte de la hausse de 1,1% du déflateur du PIB, l’activité s’est contractée de 0,6%.

Seuls les investissements publics tirent encore l’activité, avec une hausse de 1,7% par rapport au premier trimestre. Les commandes publiques ont enregistré 12 mois consécutifs de hausse depuis août 2011, selon Barclays, suite aux efforts de reconstruction dans les régions touchées par le tsunami de mars 2011.

De quoi relancer les anticipations d’un nouvel assouplissement monétaire de la BoJ, qui a pourtant observé le statu quo la semaine dernière. «La BoJ pourrait agir de nouveau le mois prochain si les turbulences financières et de nouvelles mesures d’assouplissement de la Fed entraînent une hausse du yen», estime Mitsubishi UFJ Stanley Securities. Le rendement des obligations à 10 ans cédait 1 pb hier à 0,785%.

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