L’économie italienne s’ouvre radicalement à la concurrence
Un insolite vent de liberté souffle sur l’Italie. Pour relancer la croissance, le gouvernement de Mario Monti s’est lancé dans une vaste offensive de «libéralisations» destinée à ouvrir davantage l’économie à la concurrence. L’objectif ? Dynamiser un marché jusque-là sclérosé par des réglementations très favorables à certaines catégories. Après la première phase de cette révolution, qui a démarré avec l’adoption du plan d’austérité baptisé «Salva Italia» en décembre, l’exécutif est passé à la «phase 2», en adoptant un décret introduisant des avancées cruciales dans de nombreux secteurs, des banques aux pharmacies, en passant par l’énergie, les transports, le commerce, les carburants, les assurances, etc. Le groupe pétrolier Eni va par exemple devoir céder son réseau de transport du gaz, ce qui devrait déboucher sur une réduction du prix du gaz.
Une journée «historique», selon les observateurs. Aucun gouvernement n’était parvenu en effet à moderniser l’économie du pays de manière aussi massive et radicale à cause des fortes pressions qu’exerçaient les puissantes corporations italiennes. «Ne pouvant faire levier sur la réduction des impôts, il ne restait que cette solution. Un parcours obligatoire, mais qui prendra du temps dans certains secteurs», note Roberto Ravazzoni du centre d’études Cermes-Bocconi.
«L’émergence de la situation financière a permis de faire sauter certains tabous. Avec la crise de la dette, les Italiens ont compris que c’est leur propre épargne qui était à risque et qu’il fallait faire des sacrifices. Paradoxalement, en s’attaquant à tous ces secteurs en même temps, le gouvernement a rendu ce processus plus équitable. Et les récalcitrants sont désormais mal vus», analyse Fabrizio Guelpa, économiste auprès d’Intesa Sanpaolo. Les chauffeurs de taxi, dont le nombre de licences va augmenter, tout comme les pharmaciens, sont notamment sur le pied de guerre.
L’enjeu est de taille. Selon la Banque d’Italie, ces mesures devraient entraîner à long terme une croissance de 8% de la consommation et de l’emploi et une hausse des salaires de 12%. «Ce paquet de mesures offre par ailleurs une nouvelle perception de l’Italie avec l’idée que son économie peut repartir. Sur le front des marchés financiers, cela signifie une réduction du risque Italie pour les titres d’Etat à long terme. Et une plus grande attractivité pour les investisseurs étrangers», conclut Fabrizio Guelpa.
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