L'économie indienne devient la plus dynamique du monde émergent
Le nouveau mode de calcul du PIB indien montre une croissance de 6,9% en 2013-2014 et qui devrait atteindre 7,4% pour l’année achevée fin mars.
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Patrick Aussannaire
L’Inde prend la tête du peloton en Asie. Le gouvernement de Narendra Modi, qui doit présenter son budget 2015-2016 le 28 février, a relevé hier ses prévisions de croissance à 7,4% pour l’année fiscale s’achevant en mars. Un rythme identique à celui enregistré par la Chine sur 2014, mais qui devrait ralentir autour de 7% cette année. La nouvelle formule de calcul de la valeur ajoutée brute (et non plus du PIB), censée se rapprocher des standards internationaux, montre une croissance de 7,5% au trimestre clos fin décembre après 8,2% au trimestre précédent, et de 6,9% en 2013-2014, soit 1,9 point de plus qu’avec l’ancienne formule.
«Alors qu’on voyait l’économie indienne sortir d’un ralentissement prolongé, les nouveaux chiffres montrent qu’il n’y a finalement pas eu de ralentissement du tout», ironise SG CIB, qui convient néanmoins que «ces chiffres paraissent suspects au regard des indices récents».
Même selon l’ancienne formule, Barclays estime que la croissance devrait atteindre 6,4% sur 2015-2016, après 5,7% et 4,7% les deux années précédentes. «Non seulement la croissance réelle du PIB indien devrait dépasser celle de la Chine en 2016, mais elle devrait également être la plus élevée de l’ensemble de l’univers émergent», ajoute SG CIB.
La baisse du prix des matières a déjà permis à la RBI d’amorcer un processus d’assouplissement monétaire, avec une baisse du taux «repo» à 6,75%, du taux «reverse repo» à 7,75%, et du ratio de liquidités obligatoires des banques à 21,5%. La chute du prix du pétrole devrait permettre à l’inflation de revenir à 5,8% fin mars 2016, sous l’objectif de la RBI de 6%, selon Barclays. D’autant que la roupie s’est stabilisée entre 58,5 et 63,7 contre dollar depuis mi-2013, alors que les autres devises ont fortement baissé. «La RBI attend des engagements budgétaires pour baisser à nouveau ses taux», estime SG CIB.
Barclays juge que la baisse du prix du pétrole couplée à la dérégulation des prix du diesel devrait avoir un effet positif sur le budget indien de 1.000 milliards de roupies sur 2015-2016 et permettra ainsi au gouvernement d’atteindre son objectif de réduction du déficit à 3,6% du PIB, après 4,1% sur l’année 2014-2015. Dans le même temps, Barclays anticipe désormais un léger excédent courant sur 2015-2016 de 0,1% du PIB, contre une projection de déficit de 1,5% du PIB précédemment, avec une hausse des réserves de changes de 330 milliards à 380 milliards fin mars 2016.
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