L’économie française restera chancelante au deuxième semestre

Entourée d’un aléa principal lié à la crise de la dette en zone euro, la croissance du PIB français se limiterait à 0,4% en 2012 selon l’Insee
Yves-Marc Le Reour

Les tensions économiques et financières grandissantes en Europe augurent d’une faiblesse persistante de l’économie française d’ici fin 2012, indique l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. Alors que la demande en provenance des Etats-Unis, du Japon ou des pays émergents aura un effet légèrement positif sur les exportations, le rebond parallèle des importations devrait déboucher sur une contribution nulle du commerce extérieur à la croissance du pays au second semestre. En moyenne annuelle, cet apport resterait positif (+0,6%) «en raison d’une forte contribution du quatrième trimestre 2011», précise l’institut de conjoncture.

La dégradation du climat des affaires depuis le mois d’avril, dans les services comme dans l’industrie, conduira cette année à un léger repli des investissements des entreprises (-0,3% après +5,1% en 2011) et de la production manufacturière (-0,8% contre +3,2%). Leur taux de marge se situerait à 28,4% fin 2012 contre 29,2% un an plus tôt. Malgré la baisse attendue d’un point du taux d’épargne à 15,1% en 2012, l’affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages, suite à la hausse des prélèvements fiscaux, se traduira par une consommation atone sur l’ensemble de l’année. Le repli des mises en chantier depuis 6 mois induira également une stagnation de l’investissement des ménages.

La perte annuelle de 25.000 postes attendue dans le secteur marchand favorisera une poursuite de la hausse du taux de chômage qui atteindrait en fin d’année 9,9% en France métropolitaine (10,3% Dom inclus). Intrinsèquement négative, cette tendance aura un effet favorable sur les prix à la consommation qui bénéficieront par ailleurs «du fort recul du glissement annuel des prix de l’énergie et des produits alimentaires». L’inflation d’ensemble tomberait ainsi à 1,4% en décembre 2012 contre 2% en mai dernier et 2,5% à fin 2011.

En tenant compte d’une contribution négative (-0,7%) des stocks, la progression du PIB ralentirait donc fortement sur l’ensemble de l’année (+0,4% contre +1,7% en 2011), tandis que l’acquis de croissance calculé par l’Insee pour 2013, encore peu significatif à ce stade, s’élève à +0,2%. «Le principal aléa qui entoure la prévision porte sur l’évolution de la crise des dettes souveraines dans la zone euro», prévient l’Insee, en citant comme autres facteurs d’incertitude le prix du pétrole et le comportement d’épargne des ménages.

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