L'économie française reste en marge de la reprise européenne
Où se situe exactement le curseur sur la santé actuelle de l’économie française? A 47,1 points au mois de décembre, l’indice PMI d’activité du secteur manufacturier français affiche son troisième recul mensuel consécutif et s’enfonce davantage en zone de contraction. Même tendance pour le secteur des services qui a accusé une nouvelle chute pour descendre à seulement 47,4 points. «La France reste à la traîne du processus d’amélioration cyclique, probablement à cause de l’incertitude fiscale», estime ainsi Frederik Ducrozet, économiste chez CA CIB.
Dans le même temps, les autres pays de la zone euro poursuivent leur redressement. L’indice composite pour la zone a progressé de 0,4 point à 52,1. L’indice manufacturier a même atteint 54,8 points, au plus haut depuis près de trois ans, alors que les nouvelles commandes sont revenues à leur niveau de juin 2011. L’indice composite de l’activité outre-Rhin est resté stable à 55,2, creusant l’écart avec le niveau de l’indice français à hauteur de 8,2 points.
Pourtant, la fiabilité de cet indice est remise en cause. Dans le cas de la France, la moyenne des indices mensuels du secteur manufacturier est de 47 points sur l’année 2013, avec un plus haut mensuel de 49,8 points, et de 46,6 points pour le secteur des services, avec seulement deux mois au-dessus du seuil de 50 points. Pourtant, la France devrait afficher une croissance positive de son PIB sur l’année de 0,2%, selon BNP Paribas.
«La taille de l’échantillon, plus petit pour les PMI, est peut-être moins à même de capter certaines spécificités des entreprises françaises (importance du secteur public, et de la demande domestique pour les services)», explique Frederik Ducrozet. D’autres indicateurs avancés pour la France donnent des signaux opposés.
L’OCDE fait état d’une «inflexion positive de la croissance», avec un indicateur avancé en hausse de 0,19% en octobre, et l’enquête de conjoncture de la Banque de France table sur une croissance du PIB réel de 0,5% au dernier trimestre, après une contraction de 0,1% au trimestre précédent. Un chiffre néanmoins optimiste compte tenu de la baisse des dépenses des ménages de 0,2% en octobre, après des reculs de 0,1% en septembre et 0,3% en août, et de 0,3% pour la production industrielle. «La vérité est entre les deux indices», estime Frederik Ducrozet.
Plus d'articles du même thème
-
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau à la la présidence de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront donc maintenant se prononcer sur ce projet de nomination. -
BPCE continue de surfer sur la marge nette d'intérêt
Le groupe bancaire mutualiste publie pour le premier trimestre 2026 un produit net bancaire de 6,8 milliards d'euros en hausse de 7% sur un an. La banque de proximité pavoise avec des revenus en hausse de 12% sur un an et une marge nette d'intérêts qui bondit de 30%, dopée par une nette progression des crédits distribués. -
Le Comptoir du Private Equity noue un partenariat avec GP-Score
La plateforme d'investissement dédiée au non-coté dans le small cap européen s'allie au spécialiste de l'évaluation des capacités opérationnelles des gérants de private equity pour l'aider dans le processus de sélection ainsi que pour les gérants déjà en portefeuille. -
Malgré la conjoncture, Axa ne dévie pas de sa trajectoire
Conforme aux attentes malgré un contexte macroéconomique toujours très volatil, le premier trimestre 2026 conforte Axa dans sa stratégie de croissance. L'assureur, qui aborde la dernière année de son plan, voit ses revenus augmenter de 6% depuis le début de l'exercice.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France