L'économie française reste bloquée au point mort
Inflation et croissance nulles. Tel est le constat dressé par la note trimestrielle de l’Insee qui a revu ses prévisions de croissance du PIB français à la baisse à seulement 0,1% sur les deux derniers trimestres de l’année, après une croissance nulle sur les trois mois achevés fin juin. Sur l’année 2014, elle devrait péniblement atteindre un rythme de 0,4% identique à celui de 2012 et 2013. La performance de l’économie française restera légèrement derrière celle de ses partenaires de la zone euro qui devraient afficher une croissance de 0,2% sur les deux derniers trimestres, mais surtout de celle de 0,4% et 0,3% prévue en Allemagne et de 0,5% et 0,6% en Espagne. Elle devrait en outre n’être que marginalement meilleure que l’évolution du PIB italien, à nouveau attendu en contraction de 0,2% au troisième trimestre, puis stable en fin d’année.
La dépréciation récente de l’euro aurait certes un effet bénéfique sur la croissance des exportations françaises, attendue à +0,7 et +0,5% au deuxième semestre, «mais sans éclat, la demande extérieure restant peu dynamique», précise l’Insee. En outre, «les freins au redémarrage de la demande intérieure restent à l’œuvre». Après un net recul de 0,6% en début d’année partiellement compensé par un rebond de 0,4% au deuxième trimestre, la consommation des ménages devrait revenir vers un rythme de 0,2% par trimestre en fin d’année. L’Insee attend également une poursuite de la contraction de l’investissement des entreprises de 0,3% et 0,2%, après des reculs de 0,6% et 0,7% au premier semestre.
Dans ce contexte, après 0,4% en août, l’inflation sous-jacente ferait une incursion en territoire négatif avant d’être quasi nulle en fin d’année, pour une inflation globale à 0,4%. Un scénario qui repose sur l’hypothèse d’un prix du baril de Brent à 97 dollars et d’un taux de change euro-dollar à 1,28. Jean-François Perrin, stratégiste inflation chez CA CIB, estime l’impact provisoirement positif de la hausse du taux de TVA en janvier 2014 sur l’inflation à 0,25 point. L’apport de la récente baisse de l’euro serait, lui, de 0,1 point avec un effet positif supplémentaire au cours des trimestres à venir. Le point mort de l’inflation française à 10 ans a chuté de 13 points de base (pb) en un mois pour revenir à 1,26%, soit à 5 pb de son plus bas depuis novembre 2011 atteint mi-août.
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