L'économie française donne de sérieux signes de fatigue
Pari perdu pour le gouvernement. L'économie française a enregistré en 2007 une croissance de 1,9 %, légèrement inférieure à la fourchette cible de 2,0-2,5 % que les pouvoirs publics ont reconduite pour 2008, après un coup de frein au quatrième trimestre. Le produit intérieur brut n’a en effet progressé de 0,3 % en volume au dernier trimestre, après une hausse de 0,8 % au troisième, selon les premiers résultats des comptes trimestriels publiés jeudi par l’Insee.
Le fléchissement des dépenses de consommation des ménages, en hausse de 0,4 % au quatrième trimestre après 0,8 % au troisième, n’a pas étonné les économistes qui ont en revanche été surpris par la contribution négative (-0,4 point) des stocks. « Cela participe d’une dégradation du climat global et reflète la volonté des entreprises de ne pas accumuler des stocks avec les inquiétudes qu’elles ont sur la demande », explique Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven. La ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, a estimé que le mouvement de déstockage n'était que « transitoire » et ne se prolongerait pas en 2008.
Les exportations ont fléchi nettement au quatrième trimestre (-0,6 % après +1,3 % au troisième trimestre) mais moins que les importations (-1,4 % après +1,0 %) : le solde extérieur a ainsi contribué pour +0,2 point à l'évolution du PIB, ce qui était inattendu, après une contribution de +0,1 point au troisième trimestre. Mais sa contribution reste négative de 0,3 point sur l’année.
A cette faiblesse des importations correspond celle de la demande intérieure, qui a connu une nette décélération au dernier trimestre, à 0,1 %, après +0,7 % au troisième trimestre, soit sa plus mauvaise performance depuis le dernier trimestre de 2002. « Compte tenu des signaux clairs de nouveau ralentissement des dépenses des ménages, mais aussi du creusement durable du déficit extérieur, nous anticipons que la croissance française atteindra au mieux 1,6% en 2008 », observe donc Marc Touati, chef économiste de Global Equities. Jean-Christophe Caffet, chez Natixis, s’inquiète en outre des conséquences d’un resserrement des conditions de crédit sur les entreprises françaises.
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