L’économie exportatrice de Singapour subit les bourrasques mondiales

Le PIB a chuté de 4,9 % au trimestre écoulé par rapport au précédent. Le gouvernement table sur une croissance de 1 à 3 % en 2012
Benoît Menou

Le ministère singapourien du Commerce a annoncé hier une contraction de 4,9% de l’économie de la ville-Etat au quatrième trimestre 2011 par rapport au précédent, en rythme annualisé corrigé des variations saisonnières. Contre une croissance de 1,5% trois mois plus tôt, qui marquait déjà un net ralentissement après la croissance de 5,9% enregistrée à fin juin.

Si cette tendance s’avère conforme aux attentes, elle confirme l’incertitude entourant les perspectives de croissance d’une économie fortement orientée vers l’exportation. Car de toutes parts surgissent les zones d’ombre en provenance de partenaires commerciaux essentiels, particulièrement d’Europe ou des Etats-Unis. Si l’Asie présente pour l’heure une «relative résilience au choc de la zone euro» selon l’économiste de Mizuho à Singapour, Vishnu Varathan, «il ne faut pas se montrer exagérément optimiste». Les derniers indicateurs en provenance d’Inde, de Chine ou d’Australie sont encore rassurants.

Evoquant la semaine passée une croissance de 4,8% en 2011, contre un record de 14,5% observé en 2010, le Premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong a aussi confirmé la prévision publique d’une progression du PIB de 1 à 3% cette année. L’économie «ouverte» de l’île sera «inévitablement» affectée par un «environnement externe incertain», selon le dirigeant politique, qui a prévenu que «les problèmes de la dette en Europe sont loin d’être réglés».

La production manufacturière a progressé de 6,5% sur un an au quatrième trimestre, une décrue significative par rapport à la hausse de 13,4% enregistrée trois mois plus tôt. Le recul côté service a été limité à 0,5 point, à 3,2%. De quoi laisser présager «une récession technique plus tard dans l’année», selon les économistes d’United Overseas Bank.

L’inflation soutenue complique l’équation de la banque centrale, la Monetary Authority of Singapore, pour redonner des couleurs à l’économie. La hausse des prix s’établit à 5,7% sur un an à fin novembre, 0,3 point de plus qu’un mois auparavant. L’institution tente de freiner les gains du dollar local (face à un panier non publié de devises). Pour autant, les analystes de BNP Paribas CIB estiment que la devise devrait continuer d’évoluer dans une bande large de 1,28 à 1,31 pour un dollar américain. Hier, le taux de change se situait au voisinage de 1,29.

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