L’économie européenne est bel et bien en ralentissement
L’activité économique en zone euro est en train de marquer le pas. Selon la première estimation d’Eurostat publiée hier, la croissance du PIB n’a progressé que de 0,4 % (rythme trimestriel) au dernier trimestre 2007, après +0,8 % au troisième. Ce chiffre confirme les craintes d’un ralentissement économique mais aussi les récentes enquêtes de conjoncture (PMI, confiance des ménages...) et statistiques (production industrielle, ventes au détail) inquiétantes. « La zone euro termine donc l’année sur une note morose avec une croissance de 0,4 %, soit 1,6 % en rythme trimestriel annualisé, en dessous de son potentiel estimé à 2 % environ », note Crédit Agricole SA. La décomposition du PIB n’a pas encore été publiée. Mais selon ING, il est certain que les dépenses à la consommation, dans le contexte de prix élevés du pétrole et des aliments, ont été principalement responsables de la décélération du PIB.
Toutefois, la statistique reste supérieure au consensus de +0,3 % et s’est accélérée de 2,3 % en rythme annuel, contre 2,2 % attendu. Aux yeux d’Aurel, la faible croissance au quatrième trimestre n’est « pas dramatique ». Pour Natixis, « cette bonne surprise est imputable à la croissance espagnole, attendue stable, qui est ressortie en légère accélération (à +0,8 % contre +0,7 % au trimestre précédent) ». Les Pays-Bas ont aussi enregistré une croissance dynamique (+1,2 %). En revanche, elle a été tirée vers le bas par l’Allemagne (+0,3 % au dernier trimestre, après +0,7 % au troisième) et par la France.
L’activité en 2007 a ainsi crû de 2,7 %, en dessous des 2,9 % enregistrés en 2006. Selon Calyon, « l’estimation d’Eurostat confirme que l’économie a entamé 2008 dans une position vulnérable ». La banque s’attend à un ralentissement de la croissance en dessous de son potentiel à 1,6 % après 2,6 % en 2007. BNP Paribas table même sur une progression du PIB bien en dessous de 1,5 % en 2008.
ING ajoute que « les données trimestrielles apportent une justification à la décision la semaine dernière de la BCE d’adoucir sa position sur les taux d’intérêt. Pour autant, elles ne sont pas suffisamment faibles pour provoquer un assouplissement monétaire à moyen terme ». Mais du point de vue de Natixis, ces chiffres « n’affranchiront pas la BCE d’une révision à la baisse en mars de ses projections de croissance pour cette année (...), sans doute suivie d’une première baisse des taux de 25 pb en avril ».
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