L’économie chinoise amorce l’année 2012 en pente douce

La croissance du PIB chinois a ralenti à 8,9% au quatrième trimestre 2011, soit 9,2% sur l’année 2011 après une croissance de 10,4% en 2010
Patrick Aussannaire

Jusqu’à présent tout va bien pour l’économie chinoise. La croissance a certes ralenti au quatrième trimestre à 8,9% après 9,1% au trimestre précédent, soit sa plus faible hausse depuis 10 trimestres, selon le Bureau national des Statistiques (BNS). Mais à un rythme plus lent qu’anticipé, le consensus ayant tablé sur un ralentissement à 8,7%. Le PIB a atteint 47.156,4 milliards de yuans (5.880 milliards d’euros) l’an dernier, en hausse de 9,2% après 10,4% en 2010. Le yuan progressait de 0,03% à 6,3149 à Shanghai et la Bourse locale de 0,3% à 2.212,62 points.

La production industrielle a progressé de 13,9% l’an dernier, contre 15,7% en 2010, les investissements en capital fixe, moteur essentiel de la croissance, de 23,8% (après 24,5% en 2010) et les investissements immobiliers de 27,9%, malgré les restrictions sur le crédit. Les ventes de détail ont pour leur part progressé de 17,1%. «L’économie surprend jusqu’à présent en se montrant plutôt résistante» estime Stephen Green, économiste chez Standard Chartered.

Mais l’année du Dragon s’annonce comme celle de tous les défis. «Etant donné le contexte, ce n’est pas facile de maintenir une croissance de 9,2%», a prévenu Ma Jiantang, le porte-parole du BNS. «2012 sera une année complexe et de défis. Nous devons être prêts». JPMorgan anticipe un ralentissement de la croissance à 7,6% au premier trimestre. Les anticipations d’une baisse des taux en mars progressent, alors que Pékin accélère la mue de l'économie vers la demande intérieure du fait du ralentissement de la demande mondiale.

Selon l’Oriental Morning Post, la Banque Populaire de Chine (PBOC) aurait conduit hier une opération de prise en pension de titres (reverse repo) à 14 jours avec des banques locales à un taux de 5,47% afin d’injecter des liquidités dans le marché. La PBOC envisagerait de renouveler cette opération aujourd’hui.

Malgré un ralentissement de l’inflation à 4,1% en décembre après 5,4% en 2011, Ma Jiantang a alerté sur les risques d’un rebond de tensions sur les prix, «entraîné par l’augmentation des coûts du travail, de la terre et des ressources, tandis que le marché mondial est inondé de liquidités excessives». Et de recommander que «les politiques macroéconomiques de la Chine doivent rester durables et stables afin de prévenir une recrudescence de l’inflation», semblant ainsi indiquer que Pékin ne se lancera pas dans un programme de relance de même ampleur qu’en 2008.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...