L'économie britannique traverse une longue période noire

La BoE anticipe un retour de la croissance à seulement 2% en 2013-2014. Il s’agit de la prévision la plus basse depuis la création du Comité en 1997
Patrick Aussannaire

La reprise sera plus lente et plus faible que prévue. Tel est le message envoyé hier par le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Sir Mervyn King, lors de sa présentation du très attendu rapport trimestriel d’inflation. Mais, dans ces temps de crise frappant durement le Royaume-Uni, qui a essuyé une contraction de son PIB de 0,7% au deuxième trimestre, l’inflation n’est plus l’inquiétude principale de la banque centrale qui prévoit qu’elle redescendra sous son niveau cible de 2% dès le troisième trimestre 2013 et y restera jusqu’à mi-2015.

Le comité de politique monétaire (MPC) de la BoE a, en revanche, de plus en plus de doutes concernant la reprise de l’activité. Dans un élan de lyrisme, Mervyn King a déclaré que «nous naviguons dans des eaux turbulentes, et des nuages noirs continuent de nous parvenir de la zone euro». La BoE ne prévoit plus qu’une croissance de 2,1% sur les deux années à venir, un niveau inférieur à la fois à son potentiel mais également à sa précédente estimation de 2,6% en mai. Une révision brutale qui est la plus basse depuis la création du MPC en 1997. «Je ne me souviens pas d’une prévision qui n’indique pas un retour au potentiel», note Jens Larsen, économiste chez RBC.

L’année 2012 concentre tous les risques. Moody’s a récemment baissé sa prévision de croissance à 0,4% et la BoE prévoit une croissance nulle, alors qu’elle anticipait encore en mai une croissance de 1%. Même si Mervyn King a remis en question hier les chiffres officiels du deuxième trimestre, l’acquis de croissance de -0,8% à l’issue du premier semestre laisse prévoir de sombres perspectives. Avec une croissance de 0,7% et 0,5% aux deux derniers trimestres, le PIB se contracterait quand même de 0,4% sur l’ensemble de l’année.

Dans ce contexte, la BoE se tient prête à agir à nouveau si la situation se détériore davantage. «Je n’accepte pas le postulat selon lequel les rachats d’actifs (QE) voient leur impact s’atténuer, je n’y crois pas (...) Ils créent de l’argent dans l'économie et cela peut avoir un effet», a ainsi indiqué le gouverneur de la banque centrale. «Il est juste de dire que peut-être nous n’avons pas assez fait», a-t-il même lancé, avant d’ajouter que la BoE fera «tout ce qu’elle peut» pour sortir le pays de la récession. Sir Mervyn King a en revanche écarté toute nouvelle baisse des taux directeurs, déjà à 0,50%. «Cela nuirait à certains établissements financiers et serait ainsi contre-productif».

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