L'économie britannique inquiète malgré une récession moins forte que prévu

L’activité a plié de 0,5% au deuxième trimestre contre -0,7% anticipé mais le pays signe son troisième trimestre consécutif de récession
Krystèle Tachdjian

Mieux que prévu mais pas de quoi se réjouir pour autant. La contraction de l’activité au Royaume-Uni pour le deuxième trimestre s’est finalement révélée moins importante que redouté. Il n’empêche, en toile de fond, la situation économique du pays et l’état des finances publiques ont de quoi préoccuper.

Le produit intérieur brut britannique s’est contracté de 0,5% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, et dans les mêmes proportions en glissement annuel, a fait savoir l’Office national de la statistique britannique vendredi. Une première estimation annonçait un repli de 0,7% sur le trimestre. Cette révision à la hausse est conforme aux attentes des analystes. Cela s’explique par une baisse moins prononcée que prévu du secteur de la production industrielle et du secteur de la construction pour le mois de juin, souligne Mauro Giorgio Marrano, analyste chez Unicredit.

La baisse de 0,5% entre avril et juin marque cependant le plus fort repli de l’activité enregistré depuis le premier trimestre de 2009, et le troisième trimestre consécutif de baisse pour l’économie britannique. L’analyste James Knightly chez ING relativise en soulignant que le trimestre écoulé a connu un jour travaillé en moins au mois de juin en raison du jour férié pour le jubilé de la reine. De quoi selon lui soutenir la thèse de ceux qui considèrent que la Grande-Bretagne stagne plutôt qu’elle ne s’enfonce dans une récession de plus en plus profonde.

«Le Royaume-Uni fait face à des problèmes internes profondément enracinés et à une très sérieuse crise de la dette au dehors, et c’est pourquoi la guérison de l’économie se révèle être un lent et difficile processus», a réagi de son côté un porte-parole du ministère des finances.

Les finances publiques du pays ont enregistré un déficit surprise en juillet, plombées par la baisse des recettes tirées de l’impôt sur les sociétés et la hausse des dépenses. Après neuf mois de récession, la marge de manœuvre du ministre des Finances George Osborne semble assez limitée. La Grande-Bretagne est toutefois parvenue à maintenir jusque-là sa précieuse notation AAA confirmée par S&P en juillet. L’agence estimait alors que «l’économie britannique devrait entrer avant la fin de l’année dans une phase de reprise progressive».

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