L'économie américaine se rapproche de son niveau de plein emploi
Mois après mois, l’emploi américain confirme sa solidité. Avec 257.000 nouveaux emplois non agricoles créés en janvier et une révision à la hausse cumulée de 147.000 pour les deux mois précédents, l’économie américaine tourne à plein régime. La moyenne des créations d’emplois sur les douze derniers mois a ainsi à nouveau grimpé pour atteindre 267.000, son rythme le plus élevé depuis mai 2000.
Le léger rebond de 0,1 point du taux de chômage à 5,7% est largement dû à celui de 0,2 point du taux de participation, à 62,9%, avec une augmentation de la population active de plus d’un million d’Américains. La stabilisation du taux de participation sur les dix derniers mois, après une chute de 3,3 points depuis mi-2008, semble ainsi indiquer «qu’un certain nombre de travailleurs découragés reviennent sur le marché de l’emploi», selon Natixis.
«Sans le rebond du taux de participation, qui reflète une plus grande confiance dans le marché du travail, le taux de chômage aurait chuté à 5,3%», estime même BNP Paribas. Un niveau qui correspondrait ainsi au taux de chômage d’équilibre en dessous duquel les tensions inflationnistes apparaissent (le «Nairu», dont la pertinence fait aujourd’hui débat), estimé par la Fed elle-même entre 5,25% et 5,5%. Le rapport a également montré une reprise de 0,5% du niveau de salaire horaire moyen, après sa chute inquiétante de 0,2% sur novembre, soit une accélération du rythme de progression de 0,3 point à 2,2%.
Ces chiffres indiquent «premièrement que le taux de chômage est désormais à un niveau suggérant que l’inflation sous-jacente devrait bientôt augmenter, et deuxièmement que la contraction des salaires en décembre n’était pas le début d’une tendance», estime BNP Paribas.
Cette publication a fait rebondir vendredi les taux implicites dérivés des contrats Eurodollar de 15 pb sur l’échéance décembre 2015, et de 25 pb sur décembre 2016 et 2017. Les marchés anticipent désormais une hausse des taux Fed funds de 75 pb cette année, puis de 125 pb en 2016. Malgré un rebond de 10 pb des rendements des Treasuries à 2 ans et à 10 ans, à 0,62% et 1,92%, ils restent faibles sur fond de baisse des anticipations d’inflation liée à la chute du prix du pétrole.
«Les mesures d’anticipation d’inflation fondées sur des enquêtes et sur la confiance des ménages contrastent avec la récente baisse des rendements», estime d’ailleurs SG CIB. En outre, BNP Paribas attend un rebond de l’inflation PCE à 2,1% en 2016, après 1,3% cette année.
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