L'économie américaine retrouve un rythme record de créations d’emplois

Si le taux à 2 ans a atteint son plus haut niveau depuis avril 2011, les marchés n’anticipent toujours que 50 points de base de hausse de taux en 2015.
Patrick Aussannaire

Voilà de quoi agiter les débats au sein du comité de politique monétaire de la Fed. L’économie américaine a créé 321.000 emplois non agricoles au mois de novembre, son rythme mensuel le plus élevé depuis janvier 2012. En tenant compte de la forte révision à la hausse, à hauteur de 44.000, du chiffre d’octobre qui se monte ainsi à 243.000, le nombre d’emplois créés atteint désormais une moyenne mensuelle de 228.000 sur les 12 derniers mois, son rythme le plus élevé depuis mars 2006, qui constituait pourtant le point haut du cycle précédant la crise financière de 2007-2008.

Si le taux de chômage est resté stable à 5,8% le mois dernier, le taux de participation s’est également stabilisé à 62,8%, malgré une baisse de 3,3 points depuis l’été 2008. Parallèlement, le salaire horaire moyen a progressé de 0,4%, son rythme le plus élevé depuis juin 2013 qui porte sa croissance à 2,1% sur un an. «Une autre hausse mensuelle de 0,3% ou même 0,2% et les marchés commenceront à estimer que l’économie américaine se rapproche de son niveau de plein emploi», estime Citi. Mais celui-ci reste éloigné des 3% considérés par les économistes comme le déclencheur d’une hausse des taux de la Fed.

BNP Paribas estime que le rythme de hausse des salaires ne devrait accélérer qu’au second semestre 2015, avec le passage du taux de chômage sous son niveau d’équilibre au-delà duquel apparaissent des tensions inflationnistes (NAIRU), estimé par la Fed entre 5,25% et 5,5%. Le taux d’inflation sous-jacente PCE reste d’ailleurs faible à 1,6% et ne devrait franchir le seuil des 2% qu’au troisième trimestre 2015, selon BNP Paribas. En outre, les anticipations d’inflation continuent de se détériorer du fait de la baisse des prix du pétrole, avec un taux de swap 5 ans dans 5 ans qui, à 2,43%, est au plus bas depuis janvier 2009.

Les marchés ont certes réagi vendredi, avec une hausse du taux implicite des Fed funds de 11 points de base sur l’échéance décembre 2015, et du rendement des Treasuries à 2 ans de 9 pb pour atteindre 0,62%, son plus haut niveau depuis avril 2011. Ils n’anticipent pourtant toujours que 50 pb de hausse de taux d’ici à fin 2015, et le taux 10 ans reste faible à 2,30%.

Le président de la Fed de New York, William Dudley a récemment indiqué pour la première fois que la Fed adaptera le rythme de sa normalisation aux réactions de marchés de manière à conserver des taux longs faibles.

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