L'économie américaine continue à se présenter sous un jour favorable
Synthèse des données fournies par les douze banques régionales, la dernière édition du Beige Book de la Fed dépeint une croissance «modeste à modérée» de début juillet à fin août. Le rapport montre que les embauches ont été stables, voire ont augmenté dans la plupart des secteurs d’activité, tandis que les dépenses de consommation ont progressé dans la plupart des Etats, à la faveur parfois de la rentrée des classes. Cette hausse reflète «en partie, une demande solide pour les automobiles et les biens liés au logement», souligne le document.
Les résultats communiqués hier par l’industrie automobile ont conforté cette tendance. Les ventes de voitures et d’utilitaires ont grimpé de 15% en août chez GM, de 23% chez Toyota et de 12% chez Ford. Des performances nettement supérieures aux attentes des analystes qui devraient permettre au marché de dépasser les 16 millions d’unités (en cumul annualisé et en données corrigées des variations saisonnières). Les ventes de voitures neuves sont soutenues par la baisse du coût des crédits auto et par un besoin de renouvellement du parc dont l'âge moyen dépasse onze ans, explique Ken Czubay, responsable de ventes de Ford.
En ce qui le marché immobilier, le Beige Book note que l’activité dans le résidentiel «a progressé modérément dans la plupart des districts, et la demande pour l’immobilier non résidentiel a augmenté dans l’ensemble». Le rapport pointe l’impact de coûts de financement plus élevés. «L’activité de crédit s’est un peu affaiblie, et de nombreux districts ont fait état de conditions moins favorables que lors de la période précédente de reporting». Un ralentissement du crédit a été relevé dans les régions d’Atlanta, Chicago, St. Louis et San Francisco, tandis qu’un déclin s’est matérialisé dans la région de Kansas City. A Chicago, on note que «les récentes hausses des taux d’intérêt ont probablement déprimé l’investissement commercial».
Dans l’attente de la publication du dernier rapport sur l’emploi vendredi, les investisseurs retiendront que ce Beige Book confirme les progrès constants de l'économie américaine. La prochaine réunion du Comité de politique monétaire de la Fed est prévue les 17 et 18 septembre. C’est à cette occasion que les responsables de la politique monétaire pourraient commencer à alléger le programme d’assouplissement quantitatif.
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Paris - Pendant que le débat enfle sur l’opportunité de taxer les «superprofits» pétroliers liés à la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies prévient les politiques: en cas de taxes, il ne pourra «pas maintenir» son plafonnement du prix des carburants dans ses station-service françaises. Le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, connu pour ses paroles directes, a fait cet avertissement mardi dans une interview donnée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées. «En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France», a indiqué le patron, accusé par la gauche de profiter de la guerre. «TotalEnergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine (...) Il n’y a aucune honte, cela signifie que l’entreprise fonctionne bien», a souligné le dirigeant. Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la flambée du prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier «redistribuer» cet argent comme il l’entend. Le groupe a annoncé jeudi, au lendemain de ses résultats trimestriels, qu’il maintenait «le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L et gazole à 2,25 euros/L) (...) pour le mois de mai» dans ses 3.300 station-services, une initiative qu’il poursuivra «tant que la crise au Moyen-Orient durera». En place depuis février 2023, pour atténuer les prix élevés à la pompe en pleine crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, cette initiative leur avaient coûté «entre 400 et 500 millions de dollars» cette année-là. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi encouragé TotalEnergies à un plafonnement encore plus «généreux» des prix à la pompe», selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche. «Est-ce qu’on demande à Total d’en faire plus? Oui», a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, tout en s’insurgeant contre «des mensonges et des contrevérités» qui circulent sur le groupe. «Total paye déjà des impôts», à hauteur de «2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires» en France, a indiqué M. Lecornu, rappelant aussi que La France était le «seul» pays où TotalEnergies plafonnait ses prix. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait quant à lui affirmé lundi que s’il fallait taxer les «surprofits» des groupes énergétiques, cette mesure devrait être ciblée et «temporaire». «Pas de pénurie» cet été TotalEnergies a annoncé le 29 avril de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, le PDG a précisé qu’il était «fort probable» que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre. Cette contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l’année 2026, s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Mais le groupe, qui empoche l’essentiel de ses bénéfices à l’international, n’y était pas soumis au titre de l’année 2025 car son activité de raffinage était déficitaire en France. Le PDG est aussi revenu sur ses propos très commentés de fin avril, y compris par Emmanuel Macron, sur une «ère de pénurie énergétique» si le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran durait encore «deux ou trois mois». «Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner», a-t-il rectifié, interrogé sur une éventuelle crise d’approvisionnement estivale. «Il n’y aura pas de pénurie, mais cela aura un coût plus élevé», puisque «nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher», a-t-il tempéré. Selon le PDG, la consommation de carburants a reculé de 15% en France au mois d’avril. Nathalie ALONSO © Agence France-Presse