L’Ecofin se prépare à un débat compliqué sur le paquet bancaire
Officiellement, le point est inscrit à l’ordre du jour pour adoption. Dans les faits, beaucoup doutent que ce soit possible. «A moins d’un miracle, je ne vois pas comment ça peut passer», glisse une observatrice du dossier, qui a suivi les négociations depuis le début. «L’Allemagne ne serait pas prête au compromis», résume une autre source.
Il s’agit du «paquet» dévoilé fin 2016 par la Commission européenne – un ensemble de mesures visant à adapter la législation bancaire du continent, et à y transposer plusieurs standards du Comité de Bâle, y compris le fameux TLAC.
Censé être technique, le paquet a rapidement pris une tournure politique, marqué par les intérêts de chaque pays. Côté allemand, on vise une réduction maximale des exigences pour les petites banques, via le concept de «proportionalité». En France, on veut profiter de l’arrivée du TLAC pour revoir à la baisse les exigences européennes s’appliquant aux grandes banques (les MREL, des dettes absorbables européennes équivalentes au TLAC, mais avec des niveaux plus exigeants). Entre les deux, treize petits Etats essaient de renforcer les pouvoirs de ses superviseurs sur les filiales des grands établissements actifs chez eux, prenant en otage au passage le dossier «hiérarchie des créanciers» qui était négocié en parallèle.
Après de nombreuses réunions de travail (35, selon l’un des négociateurs), la présidence l’Ecofin a fini par aboutir à un compromis – résumé ici. Qui achoppe toutefois sur trois questions: l’interaction TLAC/MREL, les exemptions aux règles sur les capitaux propres, et l’application de la norme bâloise relative aux risques de marché (FRTB).
Or, les deux premiers points restent compliqués à résoudre. La France veut plafonner les MREL, tandis que l’Allemagne veut laisser une large marge aux régulateurs pour les fixer. Berlin cherche à exonérer au maximum ses banques publiques régionales et ses petits établissements, ce que Paris refuse. La FRTB fait aussi des vagues, mais si elle semble un peu plus consensuelle. En bref, la présidence de l’Ecofin juge peu utile d’implémenter maintenant le standard, alors que le comité de Bâle a annoncé qu’il allait le réviser d’ici 2020. L’idée est donc d’en rester à des obligations de reporting pour l’instant, qui seront transformées en exigences «dures» une fois le standard révisé publié.
Plus d'articles du même thème
-
Artemis courtage s'implante au Luxembourg
Cette opération est la première à l'international pour la filiale du groupe Odealim. -
Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
Autonomie stratégique et technologique, concurrence avec les Etats-Unis et la Chine, financement des priorités: la chef économiste du groupe Société Générale estime que l’Europe doit restaurer la confiance dans son projet et ses bénéfices. -
L'essor des «finfluenceurs», une lame de fond qui manque encore de cadre
Les conseils en matière d'investissement distillés sur Internet se multiplient. Un essor sur lequel les professionnels essaient de capitaliser pour toucher une nouvelle clientèle mais qui n'est pas sans risques. -
Shell cède un nouvel actif dans l’aval pétrolier et gazier
Le groupe britannique a signé un accord avec Adnoc en vue de lui vendre ses stations-service en Afrique du Sud pour une valeur d’entreprise d’un milliard de dollars. -
Schroders recentre son activité de gestion de patrimoine sur les clients les plus aisés
Le plus important asset manager britannique indépendant cède Benchmark, son activité de conseil financier sur le segment mass affluent gérant 37,1 milliards de livres, à Söderberg & Partners, un groupe présent dans le conseil financier et le courtage d'assurance dans les pays nordiques et aux Pays-Bas. -
Face au risque climatique, Finance Watch appelle au renforcement des fonds propres bancaires
L’association alerte sur la vulnérabilité du secteur bancaire vis-à-vis des chocs systémiques pouvant être induits par les événements climatiques et le risque de transition. Des menaces que le système actuel de supervision n’évalue pas correctement.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des mots« Quand on est candidat, il faut être libre de ses mouvements » : ce qu’a dit Marine Le Pen sur une campagne sous bracelet
Condamnée à un an de prison ferme sous bracelet électronique mardi 7 juillet, la cheffe de file du RN avait assuré sur LCI quelques jours plus tôt qu’elle ne ferait pas campagne dans ces conditions -
#DigitalCitizenIntelligence artificielle : échange sanctuaire contre boussole
Sacralisant l’humain et éclairant le monde, l’Europe ne saurait rester à l'écart des machines -
Marine Le Pen condamnée en appel : éligible en mai 2027, mais sous bracelet
La cour d'appel de Paris a rendu son arrêt très attendu dans l'affaire des assistants parlementaires du FN, qui détermine le destin politique de la cheffe de file de l’extrême droite française