«L'écart entre les taux français et allemands devrait rester assez élevé»

Philippe Weber, responsable études et stratégie CPR Asset Management
Violaine Le Gall

L’Agefi: Comment voyez-vous évoluer le spread France-Allemagne au premier trimestre ?

Philippe Weber: L’écart devrait rester assez élevé – il est aujourd’hui de 110 points de base à 10 ans. La dégradation de la note française, certes anticipée, les tensions dans la zone euro, le volume important d’émissions en début d’année, peut-être aussi l’incertitude accrue due à la proximité des élections nous semblent le justifier. En revanche, on ne voit guère ce qui ferait augmenter fortement cet écart, sauf retour à une phase aiguë de la crise. Les mauvaises nouvelles et les incertitudes sont intégrées, tandis que les refinancements à 3 ans de la BCE fournissent aux banques des liquidités longues, si on ose cet oxymore, apportant un soutien au marché obligataire.

Une nouvelle phase d’assouplissement quantitatif est-elle possible aux Etats-Unis ?

Possible, certainement ; mais je ne lui accorderais pas une énorme probabilité dans notre scénario central de tenue honorable de l’économie américaine. L’opération Twist est toujours en cours et sera menée à terme, les liquidités sont surabondantes, le taux des fonds fédéraux est presque nul : difficile d’être beaucoup plus accommodant. Je ne doute pas que la Réserve fédérale reprendrait les achats de titres si nécessaire, mais les dernières données macroéconomiques sont, aux Etats-Unis, plutôt encourageantes, y compris dans le secteur du logement. Si celui-ci rechutait, on pourrait en revanche imaginer une nouvelle vague d’achats de MBS. Il faut aussi compter, même si la banque centrale est indépendante, avec l’hostilité d’une partie du Congrès à l’expansion quantitative.

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