Le yen s’approche de la cote d’alerte de la Banque du Japon

Les cambistes commencent à prendre au sérieux l’hypothèse d’une nouvelle intervention de la banque centrale pour endiguer la hausse de la devise
Alexandre Garabedian
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Le répit aura été de courte durée. Depuis l’intervention unilatérale du 31 octobre dernier qui avait permis au dollar/yen de remonter au-delà de 78, la devise nippone a repris sa tendance haussière vis-à-vis du billet vert. A 76,6 vendredi, et après avoir touché les 76,2 la veille, le taux de change se rapproche du seuil qui avait poussé la Banque du Japon (BoJ) à vendre entre 7.000 et 8.000 milliards de yens sur une seule journée. Le ministre des Finances japonais Jun Azumi a commencé à hausser le ton en faveur d’une nouvelle intervention, même si les dirigeants de la banque centrale restent sur leur réserve.

«Malgré un environnement économique toujours très négatif au Japon, le yen continue de s’apprécier, soutenu à la fois par une balance courante excédentaire (en dépit du déficit commercial) et l’absence de mesures monétaires quantitatives supplémentaires de la part de la BoJ alors que la Fed et la BCE restent particulièrement actives», explique Nordine Naam, stratégiste chez Natixis.

La Réserve fédérale vient de promettre des taux zéro jusqu’à fin 2014. Le yen s’apprécie aussi vis-à-vis de l’euro (+6,8% depuis le 1er novembre) et du renminbi (+1,3%). Reste à savoir à quel moment la BoJ interviendrait. Pour les stratégistes de BNP Paribas, «en cas de baisse ordonnée du dollar-yen dans le cadre d’un regain général d’appétit pour le risque, casser le niveau de 75 serait un pré-requis pour une intervention».

Bank of Tokyo - Mitsubishi UFJ anticipe aussi une «action agressive, similaire à celle d’octobre 2011 si nécessaire» si le seuil des 75 est franchi. «Une intervention sur l’euro-yen n’est pas à écarter, ajoute Derek Halpenny, stratégiste change de la banque japonaise. Elle se ferait uniquement en conjonction avec une intervention sur le dollar-yen, et sans doute pour une petite taille».

La BoJ n’est pas la seule à sentir la pression des marchés. A 1,206, le franc s’approche dangereusement des 1,20 pour un euro, le taux pivot que la Banque nationale suisse (BNS) a fixé pour l’appréciation de sa devise. Sur le marché des options de change, les opérateurs parient de plus en plus sur un affaiblissement du taux euro-franc. La BNS, dont la menace verbale d’intervention illimitée a suffi à faire baisser le franc cet automne, pourrait devoir passer aux actes.

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