«Le yen devrait se déprécier davantage dans les prochains mois»
Nordine Naam, stratégiste change chez Natixis
Publié le
Patrick Aussannaire
- L’Agefi : Quelles sont les devises émergentes les plus exposées à la remontée des taux américains?
- Nordine Naam : En réaction à la hausse du dollar, l’ensemble des devises émergentes ont corrigé depuis le début de l’année malgré la baisse des taux longs américains. L’année 2015 devrait se traduire par une moindre appréciation du dollar qu’en 2014 et une remontée modeste des taux américains. Les devises les plus fragiles seront celles dont la dépendance au financement extérieur (déficit courant élevé) sera la plus forte et dont les taux courts réels sont faibles. A moyen terme, on pense au réal brésilien et dans une moindre mesure au rand sud-africain et à la livre turque qui feront preuve néanmoins d’une certaine résilience. De même, les devises les plus volatiles (à bêta élevé) comme les devises EMEA telles que le forint hongrois, seront aussi chahutées d’autant qu’elles ont pour la plupart des taux courts bas peu attractifs.
- Jusqu’où peut chuter le yen?
- Nous devrions revoir prochainement notre scénario à la hausse sur la parité dollar-yen pour tenir compte des derniers événements au Japon (récession, dissolution de la chambre basse, report de la hausse de la TVA, ..). Même si des prises de profit sur la parité dollar-yen ne sont pas à écarter à court terme, la devise nipponne devrait se déprécier davantage dans les prochains mois jusqu’à un niveau de 120, voire 125 contre dollar à horizon 6 mois en réaction à l’action des autorités pour sortir le pays de la déflation via une augmentation du programme d’achat d’actif de la BOJ et un nouveau stimulus budgétaire. Le renforcement du dollar attendu en 2015 devrait aussi contribuer à l’appréciation du dollar-yen.
La société d’investissement boucle son septième fonds à 3,9 milliards d’euros, contre 3 milliards initialement visé. Il succède à un vintage de 2,3 milliards en 2023.
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