Le vent de panique des marchés tourne en faveur du billet vert
Après avoir chuté de 1,20 % face à l’euro mardi, le dollar s’est raffermi de 0,40 % hier, la parité touchant un plus bas à 1,4511
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Tân Le Quang
L’effet négatif sur le dollar de la baisse surprise de 75 points de base (pb) des Fed funds n’aura pas duré. Après avoir chuté mardi de 1,2 % face à l’euro, le billet vert s’est raffermi mercredi de 0,40 %, l’euro/dollar touchant un plus bas à 1,4511, alors que la panique des marchés s’intensifiait en Europe. Surtout, la réaction du dollar paraît modérée par rapport au geste de la Fed du 18 septembre 2007. Alors que l’assouplissement monétaire était seulement de 50 pb ce jour là, la devise américaine avait tout de même reculé de 0,85 % face à l’euro et avait poursuivi sa descente les jours suivants.
Le vent semble tourner en faveur du dollar. « Le marché des changes semble anticiper un scénario plus noir que celui d’un risque de récession aux Etats-Unis et intégrer des risques sur le système financier et bancaire mondial. La situation devrait profiter au dollar qui pourrait endosser à nouveau son statut de valeur refuge, qu’il y ait crise systémique ou pas, les investisseurs se tournant vers des actifs défensifs libellés en dollar tels que les Treasuries, plus liquides que leurs homologues européens », explique Christian Parisot, économiste chez Aurel. Toutefois, la monnaie américaine pourrait être très vite rattrapée par les fondamentaux économiques aux Etats-Unis. « Le retour de l’aversion pour le risque et la clôture de positions de carry trade sur les actifs les plus risqués expliquent la bonne tenue du dollar qui, à l’instar du yen et du franc suisse, joue actuellement son rôle de valeur refuge dans un contexte de crise. Pour autant, l’euro/dollar ne devrait pas baisser en-dessous de 1,43 et vu les risques d’une récession aux Etats-Unis, les intérêts vendeurs pourraient ramener la parité vers le seuil des 1,50 au cours du premier trimestre », estime Valérie Pérez, responsable du change en France chez Deutsche Bank.
La volatilité à un mois sur l’euro/dollar est restée à 10 %, indiquant que le recul de l’euro s’est fait de manière ordonnée. Celle de dollar/yen a flirté avec son record de 17,8 % d’août dernier à 15 %, les devises nippone et américaine constituant le centre d’intérêt du marché des changes. Le yen gagnait hier 1,35 % face à l’euro à 153,6 yen l’euro et 0,94 % face au dollar à 105,4 yen le dollar. Et si la situation de faible niveau de taux fait du dollar une cible idéale pour les carry trades, la volatilité n’optimise pas la pratique spéculative.
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