Le véhicule de titrisation de Place reste actif un an après son lancement
Un an après son lancement, le véhicule de titrisation créé par les banques françaises pour s’ouvrir un nouveau gisement de collatéral connaît un regain d’activité. La Place attend cependant que les titres émis par le véhicule soient déclarés éligibles au refinancement auprès de la Banque centrale européenne (BCE) pour que le dispositif prenne vraiment son envol.
La semaine dernière, le Groupe Crédit Agricole a, selon Bloomberg, annoncé le lancement d’une émission de 2 milliards d’euros de titres à 2 ans via son compartiment d’Euro Secured Notes Issuer (ESNI), la société de titrisation, que la banque a lancée l’année dernière avec BNP Paribas, BPCE, HSBC France et la Société Générale. Cette opération s’ajoute à celles réalisées par les banques entre avril et fin 2014 qui, de sources proches du dossier, avaient porté l’encours de titres émis à quelque 3,5 milliards d’euros de titres au début de l’année 2015.
Présenté à l’époque comme un «réel atout pour la Place de Paris» par la Fédération Bancaire Française (FBF), le véhicule de titrisation ESNI doit permettre aux banques de répondre aux besoins croissants de collatéraux de qualité alors que les nouvelles régulations forcent un recours accru à ceux-ci et que la crise a contribué au développement des opérations sécurisées. Les titres du véhicule étant adossés aux prêts accordées par les banques aux PME et aux ETI, le dispositif est aussi censé «favoriser le financement des entreprises par une plus grande liquidité conférée aux créances, et donc la croissance et l’emploi», écrivait la FBF au printemps dernier. Les opérations d’ESNI ne sont cependant pas déconsolidantes.
«Le potentiel d'émission est très important, ce sont des dizaines de milliards d’euros de crédits qui peuvent être transformés en collatéral», expliquait à L’Agefi, Denis Beau, directeur général des opérations à la Banque de France, l’année dernière. De nombreux professionnels estiment cependant que l’utilisation du véhicule ne décollera pas tant que les titres émis ne seront pas acceptés en refinancement à la BCE. Selon un connaisseur du dossier, la BCE pourrait donner son feu vert à l’éligibilité des titres autour du mois de septembre prochain.
Avant toute chose, la banque centrale veut s’assurer que le modèle est bien exportable dans les autres pays européens. Elle souhaite également que les émissions respectent ses exigences de transparence pour les créances sous-jacentes aux titrisations.
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