Le Trésor italien fait le plein d’emprunts auprès des ménages

Le pays a levé 7,3 milliards d’euros de titres à 4 ans indexés sur l’inflation, dont 80% ont été souscrits par les particuliers
Alexandre Garabedian

Rome a battu le record de la Belgique. L’émission d’obligations d’Etat indexées sur l’inflation, et destinée en priorité aux investisseurs particuliers, qui s’est déroulée du 19 au 22 mars, a permis au pays de collecter 7,3 milliards d’euros. Les particuliers ont représenté 80% de la demande. Fin 2011, lors d’une opération similaire réservée aux ménages, le gouvernement belge avait réussi à lever 5,7 milliards d’euros, une performance qui reste supérieure à celle de l’Italie en proportion des besoins de financement du pays.

Le Trésor italien doit lever 210 milliards d’euros de dette à moyen et long terme cette année, un programme réalisé à hauteur de 25% selon le pointage de BNP Paribas. Le recours à l’épargne domestique est vu comme une réponse possible à la crise de la dette en zone euro. Les particuliers italiens, notamment, sont friands d’obligations et détiennent près de 1.000 milliards d’euros en comptes courants et dépôts à terme dont une partie pourrait être réallouée. L’appel au patriotisme avait déjà fonctionné fin 2011 lors de deux journées où les ménages avaient pu acheter des titres d’Etat sans payer de commissions aux banques.

La gratuité des frais a été reconduite pour cette deuxième opération. Outre la protection contre l’inflation et la garantie d’un coupon plancher de 2,25%, les titres proposés, baptisés BTP Italia, offrent un surplus de rémunération de 0,4% s’ils sont conservés jusqu’à leur terme en 2016.

Le placement s’est effectué dans un climat rendu plus serein par la forte détente des rendements italiens en 2012, grâce aux injections de fonds de la BCE et à la crédibilité du gouvernement Monti. Le répit reste cependant fragile. Les taux à 10 ans sont repassés hier au-dessus des 5%, «une correction logique vu l’ampleur du resserrement des spreads depuis décembre», relativise un banquier spécialiste du marché primaire de la dette. «Lorsque l’Italie ou l’Espagne pourront émettre à 15 ans ou 30 ans, on pourra considérer qu’elles auront retrouvé la pleine confiance des marchés», poursuit le professionnel.

Le succès des BTP Italia risque néanmoins de faire des malheureux: les banques de détail. Au dernier trimestre 2011, BNP Paribas avait ainsi fait état d’un recul des dépôts dans ses réseaux BNL en Italie et Fortis en Belgique, en raison des arbitrages des épargnants en faveur des emprunts d’Etat nationaux.

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