Le Trésor espagnol profite de l’opération à 3 ans de la BCE
Madrid semble profiter de l’effet «LTRO». Depuis l’injection à 3 ans de la Banque centrale européenne en décembre, les taux espagnols se sont détendus, notamment sur la partie courte, et les adjudications du Trésor se déroulent plutôt bien. Illustration hier encore: l’Espagne a vendu 6,6 milliards d’euros d’obligations à 4 ans, 7 ans et 10 ans, la forte demande (3,24 fois supérieure aux montants émis sur les titres 2016) lui ayant permis de dépasser largement le plafond de 4,5 milliards d’euros qu’elle s’était fixé.
Le pays a trouvé des rendements respectifs de 4,02%, 4,54% et 5,40% sur ces trois maturités. Des niveaux cependant supérieurs de 20 à 30 points de base à ceux du secondaire et qui ont entraîné une hausse des rendements. Mais si l’écart de spread avec l’Allemagne oscille toujours entre 320 et 340 pb selon les maturités, les niveaux absolus de taux restent soutenables.
«Il y a des acheteurs domestiques pour la dette espagnole, notamment les banques», souligne le patron du fixed income d’une banque. L’injection massive de liquidités à 3 ans par la BCE, dans l’espoir que les établissements financiers utilisent une partie de ces fonds pour acheter la dette de leur Etat, semble donc produire ses effets. Bankinter, par exemple, a révélé hier qu’elle avait emprunté 5 milliards d’euros à la LTRO, pour prêter, refinancer sa dette, mais aussi acheter des emprunts espagnols sur des maturités courtes.
«En Espagne, la crise est allée des banques, confrontées à l’éclatement de la bulle immobilière, vers le souverain, rappelaient lundi les stratégistes de Deutsche Bank. Rassurées sur leur financement, et avec une très faible demande de crédit de la clientèle privée, les banques espagnoles ont très intérêt à profiter du carry trade offert par la BCE. Ce pourrait ne pas être le cas en Italie, où la crise va de l’Etat vers les banques, qui ont été ‘punies’ pour leur exposition souveraine».
Morgan Stanley estimait hier que le secteur bancaire espagnol aurait pris 17% des 489 milliards à 3 ans injectés par la banque centrale, et 15% des quelque 190 milliards de liquidités nettes supplémentaires créées à cette occasion. Le dernier bulletin mensuel de la BCE, publié hier, montre que les établissements ayant les plus fortes tombées de dette entre 2012 et 2014 sont ceux qui ont le plus demandé de fonds à la LTRO en proportion de leurs actifs. Toutes nationalités confondues.
Plus d'articles du même thème
-
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés. -
Mastercard sécurise son futur sur la blockchain
L'entreprise souhaite proposer à ses clients à la fois des cartes pour payer en cryptomonnaie, des stablecoins pour les paiements transfrontaliers et des dépôts tokenisés pour les banques. -
Lhyfe fait entrer l’allemand Messer au capital de ses sites de production
Le groupe allemand signe également un contrat d’approvisionnement en hydrogène renouvelable sur dix ans auprès du producteur nantais d’hydrogène vert. Le cours de Lhyfe, après avoir touché un point bas, rebondit de plus de 30%. -
Souveraineté : la compétitivité européenne passera par l’investissement dans ses entreprises technologiques
Christophe Hautin, gérant actions senior chez Allianz Global Investors, explique dans cette tribune pourquoi, comme le constatait notamment le rapport Draghi publié en 2024, il y a une urgente nécessité de mobiliser davantage de capitaux vers les entreprises technologiques européennes afin de soutenir la compétitivité, l'innovation et l'autonomie stratégique du continent. -
Le second semestre 2026 se complexifie pour les allocataires
Le mid-year outlook 2026 d'iCapital identifie plusieurs tendances parmi lesquelles une vigilance croissante au sujet de la rentabilité de l'IA et une dispersion des performances des gérants surtout dans le non-coté.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
« La France davantage ciblée » : la Russie accusée de mener une vaste campagne cyber en Europe
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a annoncé ce lundi la convocation de l’ambassadeur russe après avoir révélé l'existence d'une vaste campagne cyber d'espionnage et de sabotage menée par le FSK et les hackers de « Turla ». -
RIPMais que va faire Donald Trump sans son allié Lindsey Graham ?
La mort du sénateur républicain de Caroline du Sud prive le président américain de son meilleur négociateur au Sénat et de l'un des principaux architectes de sa politique étrangère -
Tetris agronomiqueCanicule et sécheresse : l'agriculture française face au mur de l'adaptation au changement climatique
L'agriculture française, en première ligne face aux sécheresses et aux coups de chaud, multiplie les chantiers d'adaptation et met en garde contre la tentation de la simplification.