Le Trésor espagnol profite de l’opération à 3 ans de la BCE

Le pays a émis 6,6 milliards d’euros de 4 à 10 ans, contre 4,5 milliards visés. Les banques domestiques recycleraient une partie des fonds reçus en décembre
Alexandre Garabedian
Photo: Bloomberg
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Madrid semble profiter de l’effet «LTRO». Depuis l’injection à 3 ans de la Banque centrale européenne en décembre, les taux espagnols se sont détendus, notamment sur la partie courte, et les adjudications du Trésor se déroulent plutôt bien. Illustration hier encore: l’Espagne a vendu 6,6 milliards d’euros d’obligations à 4 ans, 7 ans et 10 ans, la forte demande (3,24 fois supérieure aux montants émis sur les titres 2016) lui ayant permis de dépasser largement le plafond de 4,5 milliards d’euros qu’elle s’était fixé.

Le pays a trouvé des rendements respectifs de 4,02%, 4,54% et 5,40% sur ces trois maturités. Des niveaux cependant supérieurs de 20 à 30 points de base à ceux du secondaire et qui ont entraîné une hausse des rendements. Mais si l’écart de spread avec l’Allemagne oscille toujours entre 320 et 340 pb selon les maturités, les niveaux absolus de taux restent soutenables.

«Il y a des acheteurs domestiques pour la dette espagnole, notamment les banques», souligne le patron du fixed income d’une banque. L’injection massive de liquidités à 3 ans par la BCE, dans l’espoir que les établissements financiers utilisent une partie de ces fonds pour acheter la dette de leur Etat, semble donc produire ses effets. Bankinter, par exemple, a révélé hier qu’elle avait emprunté 5 milliards d’euros à la LTRO, pour prêter, refinancer sa dette, mais aussi acheter des emprunts espagnols sur des maturités courtes.

«En Espagne, la crise est allée des banques, confrontées à l’éclatement de la bulle immobilière, vers le souverain, rappelaient lundi les stratégistes de Deutsche Bank. Rassurées sur leur financement, et avec une très faible demande de crédit de la clientèle privée, les banques espagnoles ont très intérêt à profiter du carry trade offert par la BCE. Ce pourrait ne pas être le cas en Italie, où la crise va de l’Etat vers les banques, qui ont été ‘punies’ pour leur exposition souveraine».

Morgan Stanley estimait hier que le secteur bancaire espagnol aurait pris 17% des 489 milliards à 3 ans injectés par la banque centrale, et 15% des quelque 190 milliards de liquidités nettes supplémentaires créées à cette occasion. Le dernier bulletin mensuel de la BCE, publié hier, montre que les établissements ayant les plus fortes tombées de dette entre 2012 et 2014 sont ceux qui ont le plus demandé de fonds à la LTRO en proportion de leurs actifs. Toutes nationalités confondues.

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