Le Trésor américain dégage de confortables bénéfices sur son portefeuille de MBS

Un profit de 25 milliards de dollars a été engrangé lors de la cession de ces titres adossés à des prêts hypothécaires
Antoine Duroyon

Au plus fort de la crise financière, le Trésor américain a acquis en 2008 et 2009 pour 225 milliards de dollars de titres adossés à des prêts hypothécaires (MBS), puisant dans les ressources offertes par le Housing and Economic Recovery Act. L’objectif était clair : permettre le refinancement à taux fixe de créances hypothécaires en déroute. Quelque quatre années plus tard, le débouclage de ce soutien se solde par de confortables bénéfices pour les contribuables américains. Le Trésor américain a revendu ces titres pour 250 milliards de dollars, récoltant au passage une plus-value de 25 milliards.

«La vente réussie de ces titres marque une autre étape importante dans la cessation progressive des efforts d’urgence déployés par le gouvernement pour répondre à la crise financière», a commenté Mary Miller, secrétaire adjoint au Trésor. D’autres mesures de soutien ne devraient toutefois pas se révéler être aussi payantes. Le renflouement des agences de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac a fait perdre 151 milliards de dollars au gouvernement. L’administration Obama s’attend toutefois à ce que les pertes tombent à 28 milliards de dollars d’ici 2022. En ce qui concerne le TARP, le programme massif de soutien au secteur financier, le déficit s'élève actuellement à 83 milliards de dollars, mais le Trésor estime que les pertes seront réduites au bout du compte à 68 milliards. Le Congressional Budget Office (CBO) table même sur un montant de 34 milliards.

Désireux de tourner cette page, le Trésor américain regarde en même temps vers l’avenir et songe aux moyens d’innover dans la gestion de sa dette. Il a ainsi annoncé lundi le lancement d’une consultation publique portant sur l'émission de bons à taux variables (floaters), liés à l'évolution d’un taux de référence (le Libor par exemple). Les fonds monétaires et les banques domestiques pourraient être les acteurs les plus friands de ce type d’investissement. Une étude de Citigroup remontant à octobre dernier souligne que les banques gèrent une partie de leur trésorerie en recourant à des coupons d’obligations et à des swaps, lesquels forment un ensemble presque aussi liquide que d'éventuels Treasuries à taux variable. La consultation est ouverte jusqu’au 18 avril.

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