Le Trésor américain ajourne le lancement d’obligations à taux variables

Ces obligations devaient permettre d'élargir la base des investisseurs en titres d’Etat américains et de diminuer le coût de gestion de la dette
Solenn Poullennec

Le Trésor américain ne lancera pas d'émissions d’obligations à taux variables avant 2013 au moins. Cette idée avait déjà été discutée l’année dernière et l’institution devait décider ce mois-ci s’il la suivait ou non. Les experts consultés par le Trésor soutiennent le projet car il devrait réduire le coût de gestion de la dette américaine. Mais, faute d’accord sur la façon de fixer le taux des nouveaux titres, l’administration a décidé de reporter sa mise en œuvre.

Dans un rapport publié la semaine dernière, le Trésor se contente de dire qu’il est toujours en train d’analyser les commentaires qu’il a reçus à propos des obligations à taux variables (floating rate notes ou FRN) et qu’il en tirera les conclusions qui s’imposent plus tard. Le compte-rendu d’un comité d’experts consultés par le Trésor, précise qu’il ne pourra en tout cas pas y avoir d’émissions avant 2013 pour des raisons techniques.

Le même comité a cependant recommandé à l’unanimité la poursuite du projet. D’abord, car les obligations à taux variables pourraient élargir la base des investisseurs en titres d’Etat américains. Le Trésor fait valoir que la baisse actuelle du stock d’actifs souverains de bonne qualité a déjà tendance à favoriser les titres qu’il émet. L’administration, estime aussi que les régulations financières à venir, comme Bâle 3, le Dodd-Frank Act ou encore l’encadrement des fonds monétaires pourraient soutenir la demande de Treasuries, même si c’est à la marge.

Surtout, le Trésor estime que ces obligations à taux variables seraient très avantageuses pour la gestion de la dette américaine. Elles permettraient d’étendre la maturité moyenne de la dette, de diminuer les roulements de billets de trésorerie et le coût moyen de refinancement à long terme. «Même si les premières émissions doivent avoir une maturité d’un ou deux ans, le Comité envisage que les obligations à taux variables puissent avoir des maturités plus longues», notent aussi les experts.

Reste que les experts sont très divisés sur ce qui pourrait servir de référence pour le taux des obligations variables. Lors de leur dernière réunion, quatre d’entre eux ont proposé de l’aligner sur les taux des billets de trésorerie américains, trois ont suggéré d’utiliser le taux de repo et enfin six préféreraient l’aligner sur le taux des Fed funds. D’où la volonté du Trésor de s’accorder davantage de temps.

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