Le taux refi devrait continuer à être abaissé jusqu’à 1% au moins
Philippe-Henri Burlisson, responsable de la gestion taux chez Groupama Asset Management
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Tân Le Quang
L’Agefi : Selon vous, la BCE sera-t-elle amenée à recourir à un assouplissement quantitatif pour soutenir le marché ?
Philippe-Henri Burlisson : Compte tenu de la dégradation rapide et historique des fondamentaux de la zone et de la profondeur de la crise, nous estimons indispensable que la BCE prenne le chemin de l’assouplissement quantitatif déjà emprunté par ses cousines anglo-saxonnes. La réunion de jeudi dernier a permis de clarifier la première étape de ce voyage. La BCE entérine la dégradation économique et revoit ses chiffres à la baisse. Le taux refi devrait donc continuer à être abaissé jusqu’à 1 % au moins, le corridor de refinancement va être maintenu très large et les adjudications à allocation totale seront maintenues jusqu’à la fin de l’année. La seconde étape qui consistera pour la BCE à se porter directement acquéreuse de titres est plus délicate à mettre en œuvre. A l’aune des diverses annonces de ses officiels, force est de constater qu’elle n’est pas encore prête à l’annoncer, mais que les réflexions sur ce mode opératoire ont déjà démarré.
La politique de baisse des taux de la Banque d’Angleterre a-t-elle encore un sens ?
La politique de baisse des taux a encore un peu de sens en absolu compte tenu de l’environnement fondamental très dégradé pour lequel toute aide est la bienvenue. Cependant, vue l’ampleur de la crise et le faible niveau de taux déjà atteint, ce n’est pas suffisant. En effet, à l’image de ce qui a été fait la semaine dernière, cette baisse de taux à 0,5% a surtout beaucoup de sens lorsqu’elle accompagne des mesures non-conventionnelles de rachats de titres, prémices à l’instauration tant attendue d’un «quantitative easing» à l’anglaise.
Kevin Warsh semble prendre un peu plus de distance avec le président Donald Trump à chaque sortie. Les marchés se montrent globalement convaincus, même si la baisse de l’inflation plus forte qu’attendue en juin a fait diminuer le risque d’avoir deux hausses de taux cette année.
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