Le système des quotas carbone condamnerait l’aluminium européen
L’impact des législations environnementales européennes excéderait 12% du prix de l’aluminium, soit 228 euros par tonne, selon une étude du Center for European Policy Studies publiée aujourd’hui et dont L’Agefi a eu connaissance. La moitié de ce surcoût proviendrait d’ETS, le système de quotas d’émission de CO2. Ce surcoût provient moins des achats de quotas par les producteurs que du transfert du coût des quotas consommés par les électriciens.
Les producteurs à l’abri de l’ETS grâce aux contrats d’approvisionnement en électricité à long terme resteraient compétitifs, avec un coût de revient inférieur à 2.000 euros par tonne. Mais la production exposée au surcoût de l’ETS sort à près de 2.500 euros la tonne. Les producteurs estiment que l’expiration des contrats d’approvisionnement condamne à terme la production européenne. Le site de Dunkerque, par exemple, ne disposera plus d’un approvisionnement électrique avantageux à partir de 2017.
Selon le CEPS qui a travaillé sur un échantillon de sites représentant 60% de la production européenne d’aluminium, le surcoût de la législation serait imputable à hauteur de 111 euros à ETS et 94 euros aux charges d’utilisation des réseaux électriques et aux subventions aux énergies renouvelables.
Le commissaire Antonio Tajani, qui a commandité l'étude, prépare une communication en vue d’une réunion des chefs d’Etat consacrée à l’industrie en février 2014. «La priorité pour réindustrialiser l’Europe est de faire baisser le prix de l’énergie», déclare son porte-parole à L’Agefi.
Pour les producteurs d’aluminium, la solution passe soit par l’allocation de quotas gratuits, soit par le versement d’une compensation, possible dans le cadre de la législation européenne. L’Allemagne reverse chaque année un demi-milliard d’euros à ses producteurs, mais l’Espagne, par exemple, n’est pas en mesure de subventionner ses sites.
L’industrie européenne compte sur Antonio Tajani pour plaider pour une révision du système ETS. «Tout le monde est d’accord pour lutter contre le changement climatique. Mais ce n’est pas en ne produisant plus en Europe que l’on va réduire les émissions», indiquait mardi une source européenne. Le prix de marché mondial, autour de 2.000 euros, ne permettrait qu’aux sites moyen-orientaux et islandais de dégager une marge. La Chine, l’Europe, les Etats-Unis et l’Australie seraient condamnés à subventionner leur production pour la maintenir, selon l'étude.
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