Le système bancaire parallèle plaide pour une régulation au cas par cas
Fonds monétaires, hedge funds, prêts-emprunts de titres, titrisation, tous ces secteurs d’activité sont fréquemment placés sous l'étiquette shadow banking (système bancaire parallèle pas toujours régulé). Auditionnés hier, Emmanuel Boussard, fondateur du hedge fund Boussard et Gavaudan Gestion, et Eric Wohleber, directeur général de BlackRock en France, n’ont pourtant pas l’impression d’appartenir à ce secteur, eu égard aux activités de leurs sociétés et aux régulations directes ou indirectes auxquelles ils sont soumis.
«Nous croyons fermement que le débat doit aller au-delà du fait d’appliquer l'étiquette de «shadow banking» à des activités financières non bancaires très disparates, explique de son côté l’Institute of International Finance (IIF) dans un rapport récent sur ce thème. Les politiques doivent éviter une approche basée sur l’impression fausse que ces activités ont les mêmes caractéristiques et le même risque».
Une réglementation uniforme est à écarter. Elle «n’est pas une solution car elle pourrait induire des comportements procycliques où tout le monde fait la même chose au même moment», a rappelé hier lors de l’audition Olivier Garnier, chef économiste de la Société générale.
Les autorités ont déjà entamé des travaux sur certains compartiments du secteur bancaire parallèle, comme le prêt-emprunt de titres ou les fonds monétaires à valeur liquidative constante. Pour ces derniers, qui existent notamment au Luxembourg et aux Etats-Unis, la bataille s’annonce délicate. Aux Etats-Unis, le débat sur une éventuelle interdiction est violent entre ses partisans et les représentants de l’industrie. «Nous espérons que les Etats-Unis iront dans le sens d’une interdiction de ces fonds. Si c’est le cas, l’Europe suivra», explique Edouard Vieillefond, directeur de la régulation et des affaires internationales à l’AMF.
Certains domaines du système bancaire parallèle sont positifs, en particulier ceux qui contribuent au financement des entreprises. La réglementation bancaire actuelle conduisant les banques à limiter les prêts, le système bancaire parallèle jouera un rôle. Cependant, «l’accès au marché obligataire n’est pas totalement fiable car il n’est pas ouvert aux petites entreprises, alors que le secteur bancaire permet un financement plus stable avec une certaine inertie», prévient Hervé de Villeroché, chef de service à la direction générale du Trésor.
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